Le « mommy test »

Publié par Québomed le Mercredi 02 juil 2008 à 20:42


Si vous croisez un médecin et vous voulez savoir si tel hôpital ou tel médecin est bon, vous n’avez qu’à lui poser une seule question : enverriez-vous votre mère se faire soigner à cet hôpital ou consulter ce médecin?

 

Dans le milieu, on appelle ça le mommy test.

 

Pour vous rassurer, la majorité des hôpitaux et de médecins que je connaisse réussissent le mommy test.


L’herbe est toujours plus verte chez le concierge

Publié par Québomed le Mercredi 02 juil 2008 à 20:16


Une collègue m’a dit il y a quelques jours :

 

- Tu sais, des fois j’aimerais ça échanger ma place avec le concierge, juste pour quelques jours.

 

Je ne vous en aurais pas parlé si c’était la première fois que j’entendais une déclaration du genre de la bouche d’un médecin, mais je l’ai entendue à plusieurs reprises et même lue quelques fois dans des blogues médicaux. Même moi j’y ai pensé…

 

On regarde le concierge et on se dit : des horaire de 8 à 5, on ne traîne pas au bureau parce qu’on a des patients à rappeler, pas de stress de poursuite, pas de paperasse, pas de qui se gens qui se plaignent du temps d’attente. Pas de journaux médicaux à lire, pas de dilemme moral, pas d’exposition aux situations les plus tristes de notre société.

 

Ça doit être ça, le bonheur!


Un full-body scan tout garni pour emporter SVP

Publié par Québomed le Mardi 01 juil 2008 à 21:48


Il y a quelques dizaines d’années, la santé était considérée comme un état de bien-être qu’il fallait protéger. Aujourd’hui, c’est un produit de consommation.

 

Vous êtes fatigué? Prenez des vitamines! Vous avez un rhume? Nous avons un sirop pour vous!

 

De façon plus insidieuse, cette vision « santé » est également vendue aux jeunes via les boissons supposément énergisantes. Maintenant votre ado est rassuré : s’il tombe dans un semi-coma suite à la consommation de speed, il pourra retrouver sa vitalité avec un Red Bull. La vie est bien faite, non?

 

Couche-Tard a même poussé l’audace jusqu’à commercialiser des « pilules miracles » destinées aux ados et vendues sous formes de « Boost ». On prépare une génération de futurs consommateurs de soins de santé.

 

Mais le nec plus ultra, aux États-Unis évidemment, demeure le full-body scan. Moyennant quelques centaines de dollars, vous pouvez librement vous faire scanner de la tête aux pieds. Pas besoin d’un médecin. Juste d’un coup de téléphone et prendre un rendez-vous.

 

Non seulement les full-body scans ne sont pas supportés par la littérature scientifique, mais ils exposent les patients à des radiations non nécessaires.

 

De l’autre côté de la frontière, on vend des scans comme on vend des voitures. On passe des annonces sur internet ( celle-là est hilarante, avec la petite musique ), on en offre en cadeau à nos employés. Pourquoi pas?

 

Les gens ont tous leurs raisons de vouloir passer un scan :

 

They are wary of doctors’ assurances that they are healthy. They don’t believe the stress tests passed with flying colors, the X-ray that showed clear lungs, the low cholesterol counts. They want ”the scan.”

”I’ve heard of people who ran the treadmill for the doctors and then dropped dead of a heart attack,” said Joanne Nathan, who lives on the Upper West Side and in the Hamptons and, with her husband, Bob, owns a recording studio. He came for a scan, too. ”I said to myself, ‘That isn’t going to be me,’ ” she said. ”I wanted to be more sure. I wanted the scan.”

 

 

On cible des gens un peu naïfs qui croient qu’ils peuvent acheter la santé. Des gens qui croient que tout problème de santé peut se diagnostiquer et se traiter si on le prend à temps. Des gens, qui en d’autres mots, partagent le fantasme de la médecine moderne (j’en ai fait mention lors d’un article précédant). Pour eux, le scan est aussi magique que la baguette d’Harry Potter.

 

 

De façon un peu hypocrite, on laisse croire aux gens que le scan est un moyen efficace pour éliminer toute maladie et s’assurer d’être en santé. Tous les médecins savent que c’est faux. Enfin, tous les médecins qui n’offrent pas des full-body scans.

 

Ces cliniques misent également sur la peur des gens. On parle et on reparle de cancer et bang! on arrive avec une « solution » miracle. Après le scan, les patients se sentent soulagés et rassurés. Le scan a un effet plus apaisant qu’une ativan*. Ils ont éliminé le risque de maladie, du moins le croient-ils.

 

Il y a un type aux États-Unis qui s’est servi d’une tactique similaire pour nous vendre sa guerre contre le terrorisme…

 

* L’ativan est un médicament commun contre l’anxiété.


Venez vous faire …

Publié par Québomed le Dimanche 29 juin 2008 à 11:36


J’ai trouvé une perle aujourd’hui sur le web. L’article parle d’une clinique privée de Montréal.

 

Voici l’extrait qui m’a accroché :

 

La clinique privée offre un bilan de santé complet qui comprend notamment l’échographie abdominale et pelvienne, l’électrocardiogramme, l’examen gynécologique, la mammographie, etc.

 

Vous savez pas quoi? Deux des examens ci-dessus, l’échographie et l’électrocardiogramme ne sont PAS recommandés dans un bilan de santé régulier. Si vous ne me croyez pas, allez vérifier vous-mêmes ce que le Collège des Médecins du Québec recommande. D’ailleurs, ils suggèrent même au médecin de vous recommander de vous brosser les dents avec un dentifrice fluoré et de passer la soie dentaire. Dites-moi, votre médecin vous a-t’il déjà suggéré de brosser vos dents? Je ne sais pas si cette clinique offre ce service, je crois que je vais les appeler pour savoir.

 

Pour commenter le reste du bilan proposé, la mammographie est un examen généralement accessible. Pour l’examen gynéco, il faut avoir un docteur à portée de la main, mais cette épreuve passée, ça ne prend pas un an faire un PAP test, ça prend 5 minutes!

 

Les gens consultent à cette clinique en pensant avoir un bilan approprié mais en ressortent avec un paquet d’examens non nécessaires. C’est comme aller au garage pour un changement d’huile et accumuler une facture de plusieurs centaines de dollars en réparations non nécessaires. Il y a des gens qui se font …

 

Si vous ne le saviez pas encore, la médecine, c’est une business. Au moins dans un système public non orienté vers le profit, on est partiellement protégé contre les effets pervers de ce genre de capitalisme. Mais dans un système privé comme aux États-Unis, on vous voit comme un gros signe de dollar. Le but des hôpitaux privés est de vous siphonner le compte de banque jusqu’à une troisième hypothèque. Loto-Québec version santé, genre.

 

Vous ne connaissez rien en santé? Vous représentez alors une cible facile pour tous ceux qui veulent vous exploiter. Aussi bien demander à tante Gertrude d’aller faire réparer son char chez Roger Pas-Honnête Inc. Sauf qu’en médecine, on met des gants et tout le monde pense que c’est plus propre.


Docteur?

Publié par Québomed le Jeudi 26 juin 2008 à 13:34


Voici un article publié dans l’Actualité médicale (page 3) du 3 octobre 2007, dans la section courrier des lecteurs :

 

Y’a-t-il un docteur dans la salle? Comme un seul homme, la moitié de la salle en moins de deux se retrouve debout sans trop savoir de quoi il retourne, sauf peut-être quelques medicinae doctori qui ont compris le sens de cet appel au secours. Naturellement, ce scénario, comme vous l’avez deviné, se déroule dans un futur antérieur.

 

Je porte à l’attention des médias, des intellos de tout acabit ainsi que des philosophiae doctori (Ph. D.) que ce titre a de tout temps permis d’identifier sans ambiguïté le médecin, le medicinae doctor.

 

Remettez donc à Esculape ce qui appartient à Esculape; cessez cette confusion des titres. Réactionnaire, le bonhomme? C’est certain. Pourquoi? Parce que le chiquage de guenilles par médias interposés sur le dos des médecins, c’est assez! Rogner petit à petit nos prérogatives sociales, économiques et statutaires par des entourloupettes remplies de relents qui puent la gaugauche intello des années 1970, on en a plein le sarrau. Lâchez-moi avec vos calculs savants à savoir qui a le plus de scolarité et qui mérite donc ce titre de doqueteur. Si vous y tenez tant, j’y tiens encore plus, et si ça peut en titiller quelques-uns, voici ce que je pense : je m’appelle Dr Xxxx Xxxx et je porte fièrement ce titre; je suis sous-payé pour la job que je fais; vous m’irritez après 30 ans de carrière pas mal plus que les irritants du quotidien, et je consoliderai mes prérogatives malgré tout.

 

Collègues, levez-vous, cessez de plier l’échine, et soyez fiers de ce que vous être et encore plus de ce vous valez. Exigez le respect qui vous revient, ne ployez plus sous le poids d’une image qu’on vous impose depuis trop longtemps.

 

Inch’Allah à nos ayatollahs, et que le vrai docteur stand up!

Docteur : n. m. 1. Personne qui a obtenu un doctorat.

Médecin : n. m. 1. Titulaire du diplôme de docteur en médecine, qui exerce la médecine.

Dans la définition stricte du terme, docteur n’est pas un synonyme de médecin. Alors que le terme docteur existe depuis plusieurs centaines d’années, ce n’est que plus récemment qu’il est utilisé de façon courante pour désigner un médecin.

Mais plus encore, le terme docteur est devenu un grade pour marquer une hiérarchie, particulièrement dans le domaine médical. Un peu comme les lieutenants et les sergents de l’armée.

Il m’apparaît dans l’ordre des choses que plusieurs personnes veulent redonner au terme docteur sa signification originale. Et je les appuie! Parole de docteur!

En passant, le medicinae doctori est le seul doctorat au Québec qu’on puisse obtenir après 4 ans d’université et dont l’épreuve finale est un examen à choix de réponses. Pour les autres doqueteurs, on demande autour de 7 ans d’université et la publication d’une thèse.


Vive les gars

Publié par Québomed le Samedi 21 juin 2008 à 11:45


Il y a quelque chose qui cloche avec mon dernier article.

Durant tout le texte, je n’ai utilisé que le mot infirmière pour décrire les professionnels de ce domaine. Or, cette profession compte de plus en plus d’infirmiers homme. Shame on me.

Comme les pionnières en médecine qui ont féminisé la profession et fait tomber les tabous, ces hommes méritent notre admiration en choisissant un domaine historiquement féminin.

Ceux que j’ai rencontrés font un excellent boulot.

Bravo les gars!!


Suivant»