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Perles médicales

Le patient rapporte une réaction fatale à l'iode.
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À propos du blogue

Ce blogue a été créé dans le but de donner un regard critique sur le monde de la santé. La caractéristique particulière de ce blogue est que le point de vue provient de quelqu’un oeuvrant dans le système de santé, quelqu’un au cœur de l’action.

Durant plusieurs années, j’ai observé silencieusement les commentaires émis par les médias, la population et les organisme gouvernementaux. Cependant, les professionnels de la santé ont été discrets dans leur prise de position. J’espère pouvoir apporter mon point de vue qui, sans représenter nécessairement l’ensemble des acteurs du système de santé, se veut sincère et objectif autant qu’humainement possible.

Message pour les avocats... en aucun cas les opinions dans les articles ne représentent des avis médicaux. Les récits médicaux sont inspirés de situation réelle mais des détails ont été modifiés dans le but de conserver l'anonymat des patients.



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  • 30sept
    Vous pouvez trouver merveilleux que votre héritier soit accepté en médecine. Je crois néanmois que s’ils savaient à quel point une formation en médecine peut devenir un enfer, peu de parents accepteraient que leur enfant risque une telle torture. Oui, oui. J’utilise bien le mot torture, et je pèse très bien le poids de ce mot.

    Voici une belle découverte d’un site, medschoolhell, qui traite de la question d’un ton complètement satirique.

    De l’humour noir qui me rappelle de mauvais souvenirs.

    Le meilleur article du site : 101 Things You Wish You Knew Before Starting Medical School. Un classique! Savoir que vous lirez ce texte me soulage déjà de quelques frustrations depuis trop longtemps refoulées.

    Publié par Québomed à 23:33

  • 28sept
    Tiré de l’article d’Iris sur les guides de pratique :

    Tout système comporte des faiblesses, et il en va de même pour les guides de pratique. Ces guides définissent un cadre relativement rigide de la conduite optimale à suivre face à un problème donné, et ce, basée sur les dernières recherches. Il devient alors difficile pour un médecin de justifier une conduite en dehors de ce cadre. Dans l’éventualité d’une poursuite, un médecin veut prouver qu’il a bien géré la problématique du patient. Et cette preuve commence en respectant les guides de pratique.

    Alors, indirectement, ces guides ont force de loi.

    Elle a tout à fait raison lorsqu’elle dit que ces guides deviennent indirectement une obligation légale de prescrire.

    Maintenant, imaginez que vous êtes PDG d’une compagnie pharmaceutique. Que voulez-vous faire? Que votre médicament soit recommandé fortement par les guides de pratique. C’est le rêve de tout commerçant : que votre produit soit prescrit par la loi!

    Publié par Québomed à 13:19

  • 26sept
    Nous sommes maintenant le sexe dominant dans les facs de médecine, et de beaucoup!

    Publié par Iris à 20:41

  • 26sept
    Le nombre de prescriptions d’antidépresseurs augmente en flèche, c’est un fait. J’ai lu plusieurs opinions à ce sujet un peu partout sur internet.

    Plusieurs points intéressants ont été soulevés. Néanmoins, il en reste un bien enfoui car pour l’évoquer, il faut bien connaître les rouages du système. C’est l’influence des guides de pratique ( ou « guidelines » en anglais ).

    Un guide de pratique rassemble les connaissances à jour sur un sujet précis - ex. la dépression – pour en ressortir une série de recommandations sur la prise en charge d’un problème de santé. Le tout ressemble à une marche à suivre s’adaptant à la situation d’un patient.

    Exemple :

    Devant tels symptômes, faites les examens A, B, C. Commencer le traitement X.

    Si échec du traitement X après deux semaines, vous pouvez tentez le traitement Y.

    Si le patient demeure symptomatique après le traitement Y, considérez une consultation en spécialité.

    Voici le guide de pratique pour la dépression de l’association canadienne de psychiatrie.

    Les guides de pratique ont pour avantage d’aider les médecins à se conformer aux dernières normes en terme de prise en charge d’un problème et ce, avec un maximum d’efficacité. Avant, la médecine était comme la cuisine. Chaque médecin avait sa recette, et certaines recettes étaient meilleures que d’autres. L’arrivée des guides de pratique a aidé à uniformiser les soins de santé.

    Tout système comporte des faiblesses, et il en va de même pour les guides de pratique. Ces guides définissent un cadre relativement rigide de la conduite optimale à suivre face à un problème donné, et ce, basée sur les dernières recherches. Il devient alors difficile pour un médecin de justifier une conduite en dehors de ce cadre. Dans l’éventualité d’une poursuite, un médecin veut prouver qu’il a bien géré la problématique du patient. Et cette preuve commence en respectant les guides de pratique.

    Alors, indirectement, ces guides ont force de loi.

    En ce qui concerne la dépression, les guides de pratique recommandent une médication tôt dans le traitement de cette pathologie. Ainsi, il ne faut pas se surprendre que les médecins prescrivent cette médication rapidement.

    À l’inverse, si les guides de pratique en venaient à déconseiller l’utilisation d’antidépresseurs, le nombre de prescription de ces derniers diminueraient rapidement.

    Une telle situation s’est produite concernant l’hormonothérapie substitutive pour traiter les symptômes de la ménopause. Le nombre de prescription de cette médication a considérablement baissé depuis la parution d’une étude levant le voile sur certains effets indésirables de l’hormonothérapie.

    Publié par Iris à 20:26

  • 25sept
    Il n’y a rien qui perturbe autant votre vision de la sexualité que quelques années à pratiquer dans les salles d’urgence. On entend tellement d’histoires bizarres…

    Le cas classique, qui devient ennuyant à force de se répéter, est la présence d’objets coincés dans le vagin ou dans le rectum. Si vous saviez tout ce qui peut rentrer là-dedans…

    Je me souviens d’une histoire dans laquelle un patient s’est présenté avec une bouteille de vin coincée dans le rectum. Il nous avait dit qu’il était tombé par accident sur la bouteille de vin qui se trouvait sur le sol de sa salle de bain. Sans commentaire.

    Mais cette histoire-là bat tous les records en termes d’excentricité.

    Publié par Québomed à 21:50

  • 25sept
    Ma co-blogueure Iris a fait un excellent commentaire hier que je me permets de retranscrire ici :

    Pour Pht3k : Il y a généralement des frais pour compléter les formulaires d’assurances qui sont assumés soit par le patient, soit par la compagnie d’assurances. Les frais peuvent aller de quelques dizaines de dollars mais peuvent être plus élevés. J’ai entendu de la bouche d’un rhumatologue qu’il chargeait 300 $ l’heure pour ce genre de paperasse, qu’il préférait heureusement charger aux compagnies d’assurances. Mais cela crée un dangereux conflit d’intérêts.

    Je vais utiliser du jargon médical (qui pourrait être probablement incompréhensible pour vous) pour résumer les trois derniers articles sur les compagnies d’assurances.

    Les patients subissent des touchers rectaux par les compagnies pharmaceutiques et les médecins leur facturent la gelée lubrifiante.

    Compris?

    Publié par Québomed à 9:22

  • 24sept
    Les demandes de divulgations de renseignements médicaux de la part des compagnies pharmaceutiques entraînent de sérieux problèmes d’éthique.

    C’est la relation patient-médecin et la qualité des soins qui sont menacées.

    D’un côté, les patients hésiteront de plus en plus à nous confier des renseignements par crainte que cela les pénalise pour de futures soumissions d’assurances.

    Pour les médecins, la gestion des soins et des dossiers se complique. Chaque test demandé ou chaque diagnostic évoqué peut se retourner contre le patient. Exemple : j’ai vu un patient qui présentait quelques symptômes plus ou moins évocateurs de sclérose en plaques, une maladie dégénérative mortelle mais dont l’évolution peut être ralentie si on instaure un traitement précoce, d’où l’intérêt d’un diagnostic rapide. En demandant un examen diagnostic pour la sclérose en plaques, soit une résonance magnétique de la tête, je risque de barrer mon patient à vie au niveau des assurances. Qui voudra assurer un patient dont le diagnostic de sclérose en plaques a déjà été évoqué? Beau dilemme, n’est-ce pas?

    Une solution possible, c’est l’instauration d’une réglementation limitant l’accès aux dossiers médicaux par les compagnies d’assurances. C’est tout de même l’intégrité professionnelle et l’indépendance des médecins qui est en jeu.

    Publié par Québomed à 20:02

  • 23sept
    Au point de vue de la loi, tout ce que vous dites au médecin est confidentiel. Autrement dit, tous les médecins et professionnels de la santé sont tenus de respecter ce qu’on appelle le secret professionnel, soit le devoir ne divulguer aucun des renseignements contenus dans le dossier médical. Motus et bouche cousu. Si un médecin rompt ce silence, vous pouvez lancer une meute d’avocats enragés à sa poursuite.

    Ce principe est essentiel pour établir une relation de confiance entre le thérapeute et le patient.

    Le secret professionnel peut être brisé dans quelques circonstances précises, l’une d’elles est si vous autorisez la divulgation de renseignements contenus dans votre dossier.

    Si vous avez déjà rempli une soumission pour une assurance-vie, on vous a probablement demandé des renseignements sur votre état de santé. La majorité des compagnies d’assurances ne se limitent pas aux déclarations du patient et vous demanderont ainsi une autorisation pour que votre médecin puisse leur envoyer “tout élément pertinent” sur votre état de santé. Les examens récents, vos antécédents, vos médicaments, si vous fumez, si vous êtes alcoolique, à peu près tout ce qui pourrait vous rendre non-assurable.

    Et plus ça va, plus les compagnies deviennent chiantes.

    Quel genre de renseignement pourrait vous couler? Pas mal tout ce que vous dites au médecin risque de se retourner contre vous si une compagnie d’assurances décide de mettre le nez dans votre dossier.

    J’ai vu des gens se faire refuser parce qu’ils avaient consulté le médecin il y a 5 pour des troubles de sommeil. Était-ce une dépression? Vous avez dit au médecin que vous avez fumé un joint de pot durant un party? Seriez-vous toxicomane par hasard? Refusé. Si vous avez demandé de passer un test pour le VIH, peut-être cela signifie que vous avez des comportements sexuels à risque. Refusé. Meilleure chance la prochaine fois.

    Cela devient un catch-22. Si les patients autorisent le médecin à divulguer des renseignements médicaux, ils risquent que les compagnies d’assurances les refusent pour la première niaiserie qu’ils trouveront dans le dossier. D’un autre côté, ils savent que s’ils ne signent pas l’autorisation pour la divulgation des renseignements, les compagnies décideront probablement de ne pas les assurer.

    C’est ce qui fait qu’à chaque semaine je remplis des formulaires pour dire aux compagnies d’assurances à quel point mes patients ne sont pas assurables.

    C’est une violation du secret professionnel et de l’éthique médicale à grande échelle.

    Après, on viendra vous dire que tout ce que vous confiez au médecin demeurera confidentiel. Bullshit!

    Publié par Québomed à 20:23

  • 22sept
    Il arrive toujours un patient pour nous dire : « Si vous me donnez pas ce que je veux, je vais aller voir dans une autre clinique. »

    Ben vas-y mon pit!

    L’argument fonctionne peut-être bien dans un Wal-Mart où les commis ont pour mission de se faire marcher dessus dans le but de rendre la p’tite madame contente pour qu’elle dépense plus. Les patients acquièrent ensuite le réflexe de nous balancer la même salade mais les résultats les déçoivent souvent pour plusieurs raisons :

    • ce n’est pas le patient qui nous donne notre salaire
    • si je ne prescris pas un médicament ou un examen à un patient, il y a une bonne raison. Je commettrai une faute professionnelle à la demande du patient.
    • les cliniques sont pleines! Un patient de moins ferait mon affaire
    • si vous me sortez cet argument-là, je ne serai pas fâché de vous voir partir.

    Ceci dit, ce n’est jamais plaisant de se quitter dans ces termes-là, parce que la satisfaction du patient demeure une priorité. Une deuxième priorité est ma responsabilité professionnelle qui me demande de ne prescrire que des médicaments ou des examens requis médicalement. Surtout quand c’est des narcotiques ou des somnifères.

    Publié par Québomed à 20:50

  • 22sept
    J’ai fait un peu de plagiat ( dans votre intérêt bien sûr ) en reprenant une blague de mon collègue blogueur français. Elle est amusante, et décrit avec un élément satirique les relations entre spécialistes et généralistes.

    Un patient et les médecins

    Il est un coquet petit village ou vivent des médecins spécialistes.

    Un patient, tourmenté par de nombreux maux vient à le traverser.

    Les spécialistes s’empressent autour de lui.

    · Vous avez mal dans la poitrine, pérore un cardiologue, je vais vous faire une coronarographie !

    · Mais non, mais non, c’est un reflux, s’exclame un gastro-entérologue, en avalant de travers, il faut commencer par une fibroscopie gastrique, et pendant qu’on y est, une coloscopie.

    · « Une fibroscopie, oui, mais bronchique ! », souffle un pneumologue.

    · Vous n’y êtes pas, dit en s’approchant, la main sur son dos vouté, le rhumatologue. «On va mettre des corticoïdes, et on verra ce que c’est, après».

    · « Surtout pas de corticoïdes, ça va tout faire flamber », hurle la dermatologue qui venait juste de sortir de son bain d’argile. C’est un cas typique de zona thoracique ! on va quand même faire une biopsie, au cas ou…

    · « Pouvez-vous me parler de votre mère… » Intervient alors le psychiatre, arrivé en dernier.

    Mais il ne peut poursuivre sa phrase du fait du tumulte.
    Le ton monte, des revers de blouses sont agrippés. Chacun, certain de son diagnostic, voulant passer avant les autres au nom de la confraternité.

    Or, c’est juste à ce moment qu’un généraliste fatigué par sa longue route, car il venait de parcourir plusieurs villages semblables à celui-ci, fit son entrée.
    Après avoir soupesé la situation, il soupira et leur dit :

    « Chers confrères, chers amis, ceci est un patient, non un assemblage d’organes à explorer. Vous avez tous raison et tort à la fois. Souvenons-vous de notre maître Hippocrate qui pensait qu’il fallait tout aussi bien s’occuper de l’homme malade, que de la maladie.»

    « Oh, heureusement que tu es là ! » dirent alors en coeur les spécialistes soulagés.
    « Tu lui a rempli son formulaire de demande de 100% ? Et pendant que tu y es, fais-lui son arrêt de travail ! »

    Publié par Québomed à 19:19

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