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Perles médicales

Il y a plusieurs années, le patient a eu une engelure du soulier droit.
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À propos du blogue

Ce blogue a été créé dans le but de donner un regard critique sur le monde de la santé. La caractéristique particulière de ce blogue est que le point de vue provient de quelqu’un oeuvrant dans le système de santé, quelqu’un au cœur de l’action.

Durant plusieurs années, j’ai observé silencieusement les commentaires émis par les médias, la population et les organisme gouvernementaux. Cependant, les professionnels de la santé ont été discrets dans leur prise de position. J’espère pouvoir apporter mon point de vue qui, sans représenter nécessairement l’ensemble des acteurs du système de santé, se veut sincère et objectif autant qu’humainement possible.

Message pour les avocats... en aucun cas les opinions dans les articles ne représentent des avis médicaux. Les récits médicaux sont inspirés de situation réelle mais des détails ont été modifiés dans le but de conserver l'anonymat des patients.



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Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons
  • 25oct
    L’entreprise québécoise Service santé international offre à des patients de se faire soigner à Cuba pour leur rétinite pigmentaire, une maladie dégénérative entraînant une cécité à long terme. Au Québec, les ophtalmologistes n’ont que peu à offrir pour contrer cette maladie, mais à Cuba, ils utiliseraient une technique miraculeuse. Pour 8800$, plus des frais de transport et de « liaison », on vous promet un forfait dans un hôpital à Cuba.

    Rien de mieux qu’un paradis terrestre pour retrouver la vue!

    Vous y croyez? Moi non plus.

    De un, ça fait longtemps que je ne crois plus aux miracles. De deux, s’il existait une technique si efficace, pourquoi les ophtalmologistes du Québec ne la proposeraient pas?

    Point de vue pratique, la mise en marché des techniques médicales ressemblent beaucoup à la mise en marché des médicaments. On effectue des études pour prouver leur efficacité, les spécialistes en discutent dans leur congrès. Si quelqu’un en venait à développer un procédé miraculeux pour quelconque maladie, les médecins se téléphoneraient la nuit pour répandre la bonne nouvelle. En trois jours, tout le monde le saurait, même les astronautes de la station spatiale. Peut-être même Ben Laden.

    Si quelqu’un vous disait qu’il existe pilule qui se vend SEULEMENT qu’à Cuba, vous lui diriez de ne pas vous prendre pour un cave, que les méchantes compagnies pharmaceutiques ne vous joueraient pas le tour encore une fois. Pourquoi les gens baissent-ils leur garde lorsqu’il s’agit de technique? Est-ce qu’une technique est plus attrayante qu’une pilule?

    Si c’est trop beau pour être vrai, c’est que ce ne l’est pas.

    Rappelez que comme pour les médicaments, on vous vend de l’espoir. Et quand on sait qu’on va devenir aveugle, de l’espoir, on est prêt à en acheter en format Club Price.

    Publié par Québomed à 11:30

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  • 23oct
    Retrait du rimonabant

    L’agence européenne du médicament suspend la commercialisation du rimonabant, un médicament anti-obésité, car il causerait des effets secondaire psychiques importants.

    Voici un excellent article sur le sujet de mon collègue français.

    Dire les médias ont déjà présenté ce médicament comme une révolution. Ça vous apprendra à croire tout ce que vous lisez!

    Plusieurs médecins continuent de prescrire des placébos

    Une étude a démontré qu’autour d’un spécialiste sur deux prescrit des placebos à leurs patients.

    Personnellement, je n’en ai jamais prescrit. Et je ne sais pas comment en prescrire. C’est quoi? J’écris sur mon ordonnance de prendre 1 pilule de placébo 2 fois par jour pour 10 jours?

    Si ton patient s’en rend compte, tu lui dis quoi? Je m’excuse, je croyais que ta souffrance était imaginaire.

    Publié par Québomed à 23:07

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  • 23oct

    “What is the purpose of publications?…[The] purpose of data is to support, directly or indirectly, the marketing of our product.”
    - Moffatt B, Elliott C

    Pour que la communauté scientifique accepte un médicament, la compagnie pharmaceutique doit démontrer l’efficacité de son produit par des preuves. Ces preuves se basent sur la publication d’articles de recherche.

    La mise en marché du produit débute donc avec la publication d’articles qui convaincront les spécialistes des disciplines concernées à introduire le médicament dans leur pratique et à le recommander aux autres médecins via des guides de pratique et des conférences.

    Si la mise en marché d’un produit de consommation de masse vise directement le client, celle d’un médicament passe par la manipulation l’approbation des médecins, qui ensuite prescriront le traitement à leurs patients.

    Pas d’articles appuyant le médicament, pas de prescription par le médecin et pas de profits. Le médicament peut alors être jeté à la poubelle. Aussi simple que ça.

    Dans un passé pas trop lointain, la communauté scientifique considérait la littérature et les articles de recherche comme objectifs et immunisés à la manipulation. La vérité de la vérité. Même Dieu ne pourrait pas être plus vrai que ça. Cette philosophie a d’ailleurs contribué au courant evidence-based-medicine, ou si vous préférez, la médecine fondée sur les faits.

    Vous devriez assister à une conférence de spécialistes. J’utiliserais tel médicament parce que l’article de X prouve Y. Non, en fait, il y a un 2e article de A qui dit B, qui serait en fait une meilleure option. Ah non, pas B, ti-gus de McGill a publié une recherche qui dit qu’il y a un paquet d’effets secondaires. Des heures de plaisir dans une étrange cacophonie scientifique.

    Depuis quelques années, on remet de plus en plus la valeur scientifique véritable des ces articles de recherche.

    Pourquoi? Parce qu’il y a de plus en plus de preuves que les compagnies pharmaceutiques financent et manipulent les articles comme les scénaristes de Loft Story jouent avec leurs participants.

    L’une de ces manipulations s’appelle le « ghost management », qui comprend le « ghost writing », l’utilisation de noms de chercheurs reconnus dans la publication d’articles auxquels ils ont en réalité peu participé. On appelle ces méthodes « ghost » car elles visent à cacher la participation active de la compagnie pharmaceutique, ce qui pourrait nuire à la crédibilité de l’article.

    Le ghost management implique la manipulation des études dans le design, les résultats, la promotion et la rédaction de l’article final. Un peu tout le processus de recherche, finalement. Au départ, on croyait que ces interventions étaient peu communes et limitées, mais des investigations plus poussées tendent à démontrer qu’une véritable industrie s’est développée autour de ce type de manipulation. Les compagnies engagent régulièrement des experts en promotion pharmaceutique qui rédigeront des articles, manipuleront les données, et plogueront les produits dans des journaux médicaux. Jusqu’à 91 % des études pourraient citer un auteur-fantôme. Dans les cas extrêmes, les compagnies achètent même leurs études. Derrière un voile d’objectivité scientifique se cache donc un esprit d’info-pub.

    Le côté ironique de l’histoire est que des preuves scientifiques démontrent qu’on ne peut se fier aux preuves scientifiques.

    Publié par Québomed à 14:11

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  • 23oct
    L’autre jour, un collègue m’a très bien résumé le modus operandi des représentantes pharmaceutiques :

    Au début, la représentante pharmaceutique essaiera de vous convaincre.

    Après un premier échec, la compagnie vous enverra une autre représentante plus jolie.

    Au deuxième échec, la compagnie enverra une représenante en déshabillée.

    La morale de l’histoire : je me laisse convaincre trop facilement.

    Publié par Québomed à 14:02

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  • 22oct

    Voici une pub de condoms qui a été censurée.

    Hilarante!! Je me demande si on pourrait l’utiliser pour faire de l’éducation sexuelle.

    En passant, on ne dit plus MTS (maladies transmise sexuellement), mais bien ITSS, pour infection transmise sexuellement et par le sang. Voilà, vous êtes maintenant à jour!

    Publié par Québomed à 23:00

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  • 22oct
    Certaines personnes défendent le prix élevé des médicaments en disant que les compagnies pharmaceutiques réinvestissent l’argent en recherche et développement.

    Ben non!!!

    Selon un excellent article du Figaro, entre 1996 et 2005 aux É-U, les compagnies pharmaceutiques ont dépensé 2,6 fois plus en publicité qu’en recherche et développement.

    En 2004, toujours aux É-U, les compagnies ont investi en publicité l’équivalent de 61 000$ par médecin.

    Elles s’attendent probablement à un bon retour sur leurs investissements.

    Publié par Québomed à 17:54

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  • 22oct
    Voici mes commentaires sur le portrait du médecin parfait que vous m’avez fait part.

    Curieusement, il y a plusieurs points de ressemblances entre l’image que vous m’avez dessinée et les raisons mentionnées dans mon article pour lesquelles certaines personnes pouvaient moins avoir confiance aux médecins.

    Être attentif à son patient, prendre le temps d’écouter et d’expliquer

    C’est la qualité qui vous semble la plus importante!

    Et comment! Surtout lorsqu’on sait que les médecins interrompent leur patient après en moyenne 18 secondes!!!

    En pratique, ce n’est toutefois pas facile de satisfaire tous les patients sur ce point. Il y a de ces patients qui entrent dans votre bureau avec une histoire de vie, dix problèmes de santé et dix questions sur chaque problème… à la clinique du sans rendez-vous!! Je peux vous dire avant la consultation que ces patients repartiront sans avoir l’impression d’avoir été écoutés.

    Ensuite, l’enseignement qu’on donne aux médecins leur permet d’aller chercher rapidement les informations nécessaires au diagnostic en évitant les détails superflus. Ultra-pratique dans une clinique ou une urgence bondée, mais qui se fait en interrompant le patient dès qu’il sort du cadre précis de la raison de consultation, ce qui amène souvent de la frustration.

    Il y a un point que j’aimerais amener que vous n’auriez jamais soulevé en 100 ans. Bon, peut-être que j’exagère, mais quand même, c’est l’élément qui me semble le plus important.

    Est-ce que vous savez comment la majorité des médecins facturent leurs services au gouvernement? Bien sûr, à l’acte. Cela signifie que pour un service rendu, comme par exemple une consultation, le médecin reçoit la même rémunération qu’il prenne 15 ou 30 minutes son patient. Et comme le temps, c’est de l’argent, plus le médecin prend de temps avec ses patients, moins il peut en voir et moins il est payé à la fin de sa journée. Conflit d’intérêts un peu gênant et je ne crois pas que ce système reflète bien les valeurs québécoises (j’en discute un peu plus longuement ici).

    J’ai déjà entendu comme remarque qu’un médecin qui prend son temps est un médecin qui crève de faim. Ça dresse un portrait un peu sinistre mais résumant bien la situation.

    Par contre, au point de vue du système de santé, prendre du temps avec son patient comporte un aspect rentable. Un patient qui se sent écouté est un patient satisfait qui n’ira pas encombrer les autres cliniques. Un patient mieux soigné est un patient qui n’ira pas décompenser son asthme à l’urgence. Un patient qui comprend sa maladie est un patient qui se traitera mieux. Des trucs super importants.

    Bon, assez pour aujourd’hui, je commenterai le reste dans un autre article que j’écrirai demain ou après-demain.

    Publié par Québomed à 11:45

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  • 21oct
    J’espère ne jamais voir ces maladies!

    Publié par Québomed à 16:31

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  • 21oct
    Voulez-vous savoir comment je me sens lorsque je lis dans les journaux des cas de poursuites médicales comme celle-ci ou celle-là?

    Très mal. Le type qui a fait l’erreur, j’aurais pu la faire moi aussi. Cela aurait pu être mon nom qu’on salit dans les journaux en ce moment.

    Cela n’a pas toujours été le cas. Dans ma jeunesse endoctrinée, je croyais que c’était juste les médecins incompétents qui faisaient des erreurs médicales. Ces idées ont évolué au même rythme que ma formation. Je sais maintenant que la très grande partie des erreurs médicales sont causées par des médecins compétents ( vous pouvez lire mon article sur ce sujet ici).

    Je crois qu’il existe une ou plusieurs études qui indiquent que les médecins se font poursuivre en moyenne une fois durant leur carrière. Travailler pour me faire poursuivre, je n’ai jamais voulu ça!

    Je sais que, éventuellement, ce sera mon tour de me tromper et de me faire poursuivre. Peut-être que je réussirai même à faire la première page du journal de Montréal.

    Publié par Québomed à 0:10

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  • 20oct
    J’ai émis ma théorie personnelle sur la confiance envers nos sources d’information dans nos prises de position et comment notre vision du monde pouvait orienter notre confiance.

    Si nous retournons 50-75 ans dans le passé, les gens remettaient beaucoup moins en question la médecine traditionnelle car la société avait beaucoup plus confiance aux autorités. C’était une époque où les deux personnes importantes et intouchables du village étaient le prêtre et le médecin et où il était mal vu de remettre en question leurs propos. Tout baignait dans l’huile à cette époque. On pouvait faire des saignées et les patients remerciaient les médecins en plus de leur proposer leur fille en mariage. C’était le bon vieux temps, finalement.

    Se présenter comme une autorité était une stratégie gagnante.

    Depuis, la neige a neigé plusieurs hivers. Les gens font de moins en moins confiance aux autorités et les théories de complot se multiplient comme la listériose dans une usine de MapleLeaf. L’explosion des valeurs a fragmenté une vision du monde noir et blanc en une multitude de petites opinions colorées.

    Les gens n’accordent plus aveuglément leur confiance envers les idées établies, ils fixent leurs propres critères. Certains contestent systématiquement toute autorité, ils feront alors confiance en des sources obscures, qui elles, contestent tout. Les gens veulent faire des choix éclairés et ne veulent plus qu’on décide pour eux. D’autres personnes s’éloignent de l’artificiel pour se tourner vers la nature. Elles veulent aussi être écoutées et entendues. Elles veulent comprendre. Elles se méfient des compagnies sachant qu’elles sont prêtes à tout pour engranger des profits.

    Toutes ces personnes ont décidé, à tort ou à raison, d’accorder leur confiance à d’autres sources que la science médicale. Elles voient la médecine traditionnelle comme une autorité assoiffée de pouvoir, commanditée par les compagnies pharmaceutiques et complice de celles-ci, incapable de prendre le temps d’écouter et de comprendre ses patients, s’éloignant de la signification de l’être humain et malhabile à communiquer les raisons de ses décisions.

    Se présenter comme une autorité devient à ce moment-ci une stratégie perdante.

    C’est ici que la médecine traditionnelle a perdu du terrain. En prenant énormément de temps à s’adapter à un monde qui évolue de plus en plus vite, elle n’est plus en mesure de présenter une image en laquelle la société pourrait avoir une pleine confiance. Heureusement, les choses s’améliorent, mais lentemeeeeeeeeent. La médecine est une société conservatrice, ne l’oubliez pas!

    Publié par Québomed à 11:09

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