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Perles médicales

La patient n'avait pas d'antécédent de suicide.
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À propos du blogue

Ce blogue a été créé dans le but de donner un regard critique sur le monde de la santé. La caractéristique particulière de ce blogue est que le point de vue provient de quelqu’un oeuvrant dans le système de santé, quelqu’un au cœur de l’action.

Durant plusieurs années, j’ai observé silencieusement les commentaires émis par les médias, la population et les organisme gouvernementaux. Cependant, les professionnels de la santé ont été discrets dans leur prise de position. J’espère pouvoir apporter mon point de vue qui, sans représenter nécessairement l’ensemble des acteurs du système de santé, se veut sincère et objectif autant qu’humainement possible.

Message pour les avocats... en aucun cas les opinions dans les articles ne représentent des avis médicaux. Les récits médicaux sont inspirés de situation réelle mais des détails ont été modifiés dans le but de conserver l'anonymat des patients.



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Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons
  • 11mai
    Le 9 mai a eu lieu une mini-manifestation contre la sismothérapie, ou électrochocs, pour les non initiés au jargon médical.

    En lisant cette nouvelle, ma première réaction a été : mais de quoi ils se mêlent? C’est quoi le truc?

    Ahhhhhhhhh… ok. Je vois le problème. Ces gens-là trouvent que c’est totalement barbare de zapper le cerveau d’un dépressif. Ils se couchent le soir en imaginant un type en jaquette d’hôpital jouer du bacon devant l’œil indifférent d’un psychiatre habillé à la mode des années 50.

    Mais de quoi ils se mêlent? Que savent-ils de la sismothérapie?

    Cette thérapie a évolué. On sédationne les patients pour éviter les contractions tonico-cloniques. Elle est réservée pour les cas psychiatriques difficiles pour lesquels les autres formes de thérapie se sont soldées par des échecs.

    Lorsque vient le temps d’évaluer une thérapie, le critère le plus important est le rapport coût-bénéfice. On veut que le patient soit mieux après qu’avant la thérapie. On se fout carrément que le terme « électrochocs » ne soit pas politiquement correct. Ça marche ou pas? Parce qu’on serait fou de s’en passer à cause d’un illuminé qui associe la sismothérapie et la mise à mort par électrocution.

    Et j’imagine ce que ces personnes diraient aux patients qui pourraient bénéficier de la sismothérapie. Parce que donner des chocs au monde, c’est pas beau. Tu t’imagines? Se faire zapper le cerveau? On dirait que nous sommes encore dans les années 40. En plus, je suis sûr que c’est commandité par Hydro-Québec pour juste faire de l’argent. Les électrochocs auraient pu améliorer ta dépression, mais je ne peux pas concevoir ce genre de barbarie. On sait plus quoi faire pour t’aider, mais c’est pas grave, je vais être avec toi. Oups… ma manifestastion m’a épuisé. On se revoit… à un moment donné. Ciao!

    Ça va être quoi leur prochain cheval de bataille? La chirurgie à cœur ouvert? On ouvre le cœur, eurk! Le cœur me lève juste à y penser.

    Publié par Québomed à 9:30

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  • 25oct
    L’entreprise québécoise Service santé international offre à des patients de se faire soigner à Cuba pour leur rétinite pigmentaire, une maladie dégénérative entraînant une cécité à long terme. Au Québec, les ophtalmologistes n’ont que peu à offrir pour contrer cette maladie, mais à Cuba, ils utiliseraient une technique miraculeuse. Pour 8800$, plus des frais de transport et de « liaison », on vous promet un forfait dans un hôpital à Cuba.

    Rien de mieux qu’un paradis terrestre pour retrouver la vue!

    Vous y croyez? Moi non plus.

    De un, ça fait longtemps que je ne crois plus aux miracles. De deux, s’il existait une technique si efficace, pourquoi les ophtalmologistes du Québec ne la proposeraient pas?

    Point de vue pratique, la mise en marché des techniques médicales ressemblent beaucoup à la mise en marché des médicaments. On effectue des études pour prouver leur efficacité, les spécialistes en discutent dans leur congrès. Si quelqu’un en venait à développer un procédé miraculeux pour quelconque maladie, les médecins se téléphoneraient la nuit pour répandre la bonne nouvelle. En trois jours, tout le monde le saurait, même les astronautes de la station spatiale. Peut-être même Ben Laden.

    Si quelqu’un vous disait qu’il existe pilule qui se vend SEULEMENT qu’à Cuba, vous lui diriez de ne pas vous prendre pour un cave, que les méchantes compagnies pharmaceutiques ne vous joueraient pas le tour encore une fois. Pourquoi les gens baissent-ils leur garde lorsqu’il s’agit de technique? Est-ce qu’une technique est plus attrayante qu’une pilule?

    Si c’est trop beau pour être vrai, c’est que ce ne l’est pas.

    Rappelez que comme pour les médicaments, on vous vend de l’espoir. Et quand on sait qu’on va devenir aveugle, de l’espoir, on est prêt à en acheter en format Club Price.

    Publié par Québomed à 11:30

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  • 22oct
    Voici mes commentaires sur le portrait du médecin parfait que vous m’avez fait part.

    Curieusement, il y a plusieurs points de ressemblances entre l’image que vous m’avez dessinée et les raisons mentionnées dans mon article pour lesquelles certaines personnes pouvaient moins avoir confiance aux médecins.

    Être attentif à son patient, prendre le temps d’écouter et d’expliquer

    C’est la qualité qui vous semble la plus importante!

    Et comment! Surtout lorsqu’on sait que les médecins interrompent leur patient après en moyenne 18 secondes!!!

    En pratique, ce n’est toutefois pas facile de satisfaire tous les patients sur ce point. Il y a de ces patients qui entrent dans votre bureau avec une histoire de vie, dix problèmes de santé et dix questions sur chaque problème… à la clinique du sans rendez-vous!! Je peux vous dire avant la consultation que ces patients repartiront sans avoir l’impression d’avoir été écoutés.

    Ensuite, l’enseignement qu’on donne aux médecins leur permet d’aller chercher rapidement les informations nécessaires au diagnostic en évitant les détails superflus. Ultra-pratique dans une clinique ou une urgence bondée, mais qui se fait en interrompant le patient dès qu’il sort du cadre précis de la raison de consultation, ce qui amène souvent de la frustration.

    Il y a un point que j’aimerais amener que vous n’auriez jamais soulevé en 100 ans. Bon, peut-être que j’exagère, mais quand même, c’est l’élément qui me semble le plus important.

    Est-ce que vous savez comment la majorité des médecins facturent leurs services au gouvernement? Bien sûr, à l’acte. Cela signifie que pour un service rendu, comme par exemple une consultation, le médecin reçoit la même rémunération qu’il prenne 15 ou 30 minutes son patient. Et comme le temps, c’est de l’argent, plus le médecin prend de temps avec ses patients, moins il peut en voir et moins il est payé à la fin de sa journée. Conflit d’intérêts un peu gênant et je ne crois pas que ce système reflète bien les valeurs québécoises (j’en discute un peu plus longuement ici).

    J’ai déjà entendu comme remarque qu’un médecin qui prend son temps est un médecin qui crève de faim. Ça dresse un portrait un peu sinistre mais résumant bien la situation.

    Par contre, au point de vue du système de santé, prendre du temps avec son patient comporte un aspect rentable. Un patient qui se sent écouté est un patient satisfait qui n’ira pas encombrer les autres cliniques. Un patient mieux soigné est un patient qui n’ira pas décompenser son asthme à l’urgence. Un patient qui comprend sa maladie est un patient qui se traitera mieux. Des trucs super importants.

    Bon, assez pour aujourd’hui, je commenterai le reste dans un autre article que j’écrirai demain ou après-demain.

    Publié par Québomed à 11:45

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  • 21oct
    Voulez-vous savoir comment je me sens lorsque je lis dans les journaux des cas de poursuites médicales comme celle-ci ou celle-là?

    Très mal. Le type qui a fait l’erreur, j’aurais pu la faire moi aussi. Cela aurait pu être mon nom qu’on salit dans les journaux en ce moment.

    Cela n’a pas toujours été le cas. Dans ma jeunesse endoctrinée, je croyais que c’était juste les médecins incompétents qui faisaient des erreurs médicales. Ces idées ont évolué au même rythme que ma formation. Je sais maintenant que la très grande partie des erreurs médicales sont causées par des médecins compétents ( vous pouvez lire mon article sur ce sujet ici).

    Je crois qu’il existe une ou plusieurs études qui indiquent que les médecins se font poursuivre en moyenne une fois durant leur carrière. Travailler pour me faire poursuivre, je n’ai jamais voulu ça!

    Je sais que, éventuellement, ce sera mon tour de me tromper et de me faire poursuivre. Peut-être que je réussirai même à faire la première page du journal de Montréal.

    Publié par Québomed à 0:10

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  • 17oct
    Imaginez d’abord la scène.

    J’arrive devant vous avec une commandite Pennzoil sur mon sarrau. Cette compagnie m’a payé cent dollars pour afficher leur logo pendant une semaine. Un gros logo bien voyant sur le haut de ma poitrine. Le lendemain, on me traînerait devant le Collège des médecins. Attitude non professionnelle, compromis de l’indépendance intellectuelle, irresponsabilité grave. On me pendrait avec mon propre stéthoscope.

    Maintenant, allez consulter votre médecin.

    Il arrivera à son bureau avec un porte-document sur lequel Merck est inscrit en grosses lettres. Il prendra une gorgée de café bien chaude dans sa tasse Effexor. Il consultera ensuite son livre gracieusement offert par Pfizer, prendra son crayon Celebrex puis griffonnera votre prescription sur un papier au motif de Viagra. *

    Parlez-moi d’un modèle d’indépendance professionnelle! On n’est même pas capable de se payer un c**** de petit crayon. Au moins Pennzoil n’encourage pas les médecins à prescrire plus de médicaments.

    D’où mon fantasme : arriver au boulot avec un sarrau couvert de commanditaires (non liés au monde de la médecine, évidemment) dont les profits iraient à des œuvres de charité. Tant qu’à se faire acheter, faisons-le pour que cela en vaille la peine.

    *Edit : les noms de compagnies et les médicaments mentionnés ne représentent que des exemples d’articles promotionnels tirés d’expériences personnelles mais ne signifie pas que ces compagnies ont mis spécifiquement ces objets en circulation.

    Publié par Québomed à 21:41

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  • 13oct
    J’ai énormément de respect pour Pierre Légaré, mais lors de son passage hier à Tout le monde en parle, il m’a profondément déçu à deux reprises.

    La première est pour avoir appuyé le travail au noir. Désolé Pierre, mais sans les pauvres payeurs d’impôts endoctrinés, tu n’aurais pas reçu ton traitement contre le cancer.

    Sa deuxième prise de position me touche plus directement. Après avoir lancé sa théorie voulant que le psychisme soit à la base de plusieurs maladies et après avoir lié son propre cancer à un conflit psychique, un peu à la manière de la biologie totale, M. Légaré s’est adressé aux médecins en leur demandant d’être plus ouverts aux idées nouvelles que d’autres personnes peuvent apporter.

    Alors je me permets de lui répondre.

    Pierre Légaré n’aime pas qu’un médecin lui dise qu’il ne croit pas à une théorie avant de s’informer sur la véracité de celle-ci. Soit, mais il faut comprendre que pour le médecin, le je-ne-crois-pas-à-ça est une formule efficace et diplomatique pour éviter de s’engager dans un débat stérile. Je rencontre des dizaines de patients par semaine m’étalant leurs croyances scientifiquement douteuses. Il y a des personnes qui vous élaborent une théorie voulant que les dangers de la cigarette proviennent d’une large conspiration dirigée par le gouvernement.

    Oh boy!!

    Je devrais faire quoi selon vous? Perdre une heure et demie de mon temps (comme si on en avait à perdre) pour m’obstiner? Les affronter directement et risquer de nuire à la relation patient-médecin? Si cette croyance ne met pas directement la vie du patient en danger, je considère que l’attitude la plus sage consiste à éviter d’embarquer sur ce genre de terrain et ainsi me concentrer sur mon job : soigner le patient.

    Pierre Légaré a utilisé l’expression « croire en ». Les religieux se basent sur la croyance. En sciences, il n’y a pas de place pour la croyance. Une croyance, c’est quand une personne se lève le matin et se dit : « Je pense que les maladies sont causées par un conflit psychique intérieur. » Il y en a qui basent leur vie sur la croyance que Dieu existe. La science repose sur les faits, sur des observations palpables. Elle n’amène pas nécessairement la vérité, par contre. Un médecin, comme le disait M. Légaré, est un scientifique. Un médecin ne croit pas. Il se base sur la science. Si je vous prescris un médicament, c’est parce que la science aura démontré son effet bénéfique, pas parce que je me suis levé un matin en évoquant que Dieu m’a demandé de vous le prescrire. Et c’est plus rassurant comme ça.

    Alors, si je ne vous recommande pas la biologie totale, c’est que cette théorie entre en contradiction avec toutes les données reçues et qu’en contrepartie, elle n’est basée sur aucune observation probante. Jusqu’à preuve du contraire, c’est de la foutaise.

    « J’ai souvent des débats avec des évolutionnistes, car je crois qu’ils ont l’esprit très étroit et acceptent totalement le dogme de l’évolution sans se questionner. »

    - Un fondamentaliste religieux, cité par le Détracteur Constructif

    Publié par Québomed à 15:35

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  • 08oct
    J’ai commencé ma réflexion pour la rédaction d’un article pour le carnaval des blogues médicaux. Sujet : les technologies médicales.

    J’ai l’impression bien subjective que durant les dernières décennies, la cardiologie et la radiologie sont les domaines qui ont réalisé les avancées les plus significatives. Pour la cardio, l’arrivée de la thrombolyse et de l’angioplastie ont révolutionné le traitement de l’infarctus.

    Au niveau de la radiologie, les méthodes d’imagerie sont en constante évolution. Oubliez les vulgaires radiographies. Nous entrons dans l’ère des scans en 3D.

    Avant les avancées de la radiologie moderne, les médecins devaient se fier à leur flair clinique et à leur examen physique pour diagnostiquer une maladie. D’une façon plus ou moins certaine, on vous disait que c’était un cancer du poumon et qu’on ne pouvait probablement rien faire pour vous.

    Aujourd’hui, si on a un doute pour un cancer du poumon, on scanne. On trouve une masse de 4,5 cm X 3,4cm au lobe moyen droit. On demande un écho du foie et un scan de l’abdomen. Rapport du radiologiste : présence de nodules, dont le plus gros fait 2,4cm X 2,0 cm, aux segments II et III du foie, probablement des métastases. On saute sur un IRM cérébral : méta cérébrale avec œdème cérébral avec effet de masse et compression des structures avoisinantes. Également une scinti osseuse, pour éliminer des métastases aux os. Des métas ici aussi.

    Finalement, on trouve des métastases un peu partout.

    Ce qui fait qu’en fin de compte, avec les avancées technologiques de la radiologie, on est maintenant capable de vous dire PRÉCISÉMENT qu’on ne peut rien faire pour vous. Vous devez être content, non?

    Publié par Québomed à 21:03

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  • 06oct
    Pourquoi est-ce que tout coûte cher en médecine?

    Ça coûte le prix que vous, les patients, êtes prêts à payer. Et vous êtes prêts à payer très cher.

    La médecine a dans ses mains l’argument de vente ultime. Elle offre une chance aux patients de guérir leurs maladies, soulager leurs douleurs, sauver la vie de leur enfant. Vous avez déjà vu quelqu’un en douleurs, quelqu’un qui vient d’apprendre qu’il souffre du cancer? La vieille dame en pleurs. Un homme qui hurle sa douleur. Des parents devant leur enfant malade. On voit le désespoir dans leurs yeux. On devine qu’ils donneraient tout ce qu’ils possèdent pour seulement une chance, UNE SEULE PETITE chance, qu’on puisse soulager leur souffrance.

    Et bien…imaginez-vous qu’ils ne sont plus seuls. Un paquet de compagnies pharmaceutiques leur offre cette chance de trouver une solution à leur problème… contre quelques dollars. Disons beaucoup de dollars.

    Vous ne voulez pas payer? Vous crevez. Ou pire, on vous laisse seul avec vos douleurs. Pas pire comme argument de vente, n’est-ce pas? Et le mieux dans tout ça, ce sont les patients qui en redemandent.

    Mais au-delà des compagnies pharmaceutiques, c’est tout une industrie qui carbure au désespoir des patients.

    Qu’on soit médecin, pharmacien, acuponcteur, vendeur de gugusses naturels, la stratégie de vente est la même : on vend de l’espoir.

    Tout ce qui reste à déterminer, c’est la valeur marchande de cet espoir. Très cher.

    Publié par Québomed à 21:10

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  • 28sept
    Tiré de l’article d’Iris sur les guides de pratique :

    Tout système comporte des faiblesses, et il en va de même pour les guides de pratique. Ces guides définissent un cadre relativement rigide de la conduite optimale à suivre face à un problème donné, et ce, basée sur les dernières recherches. Il devient alors difficile pour un médecin de justifier une conduite en dehors de ce cadre. Dans l’éventualité d’une poursuite, un médecin veut prouver qu’il a bien géré la problématique du patient. Et cette preuve commence en respectant les guides de pratique.

    Alors, indirectement, ces guides ont force de loi.

    Elle a tout à fait raison lorsqu’elle dit que ces guides deviennent indirectement une obligation légale de prescrire.

    Maintenant, imaginez que vous êtes PDG d’une compagnie pharmaceutique. Que voulez-vous faire? Que votre médicament soit recommandé fortement par les guides de pratique. C’est le rêve de tout commerçant : que votre produit soit prescrit par la loi!

    Publié par Québomed à 13:19

  • 26sept
    Le nombre de prescriptions d’antidépresseurs augmente en flèche, c’est un fait. J’ai lu plusieurs opinions à ce sujet un peu partout sur internet.

    Plusieurs points intéressants ont été soulevés. Néanmoins, il en reste un bien enfoui car pour l’évoquer, il faut bien connaître les rouages du système. C’est l’influence des guides de pratique ( ou « guidelines » en anglais ).

    Un guide de pratique rassemble les connaissances à jour sur un sujet précis - ex. la dépression – pour en ressortir une série de recommandations sur la prise en charge d’un problème de santé. Le tout ressemble à une marche à suivre s’adaptant à la situation d’un patient.

    Exemple :

    Devant tels symptômes, faites les examens A, B, C. Commencer le traitement X.

    Si échec du traitement X après deux semaines, vous pouvez tentez le traitement Y.

    Si le patient demeure symptomatique après le traitement Y, considérez une consultation en spécialité.

    Voici le guide de pratique pour la dépression de l’association canadienne de psychiatrie.

    Les guides de pratique ont pour avantage d’aider les médecins à se conformer aux dernières normes en terme de prise en charge d’un problème et ce, avec un maximum d’efficacité. Avant, la médecine était comme la cuisine. Chaque médecin avait sa recette, et certaines recettes étaient meilleures que d’autres. L’arrivée des guides de pratique a aidé à uniformiser les soins de santé.

    Tout système comporte des faiblesses, et il en va de même pour les guides de pratique. Ces guides définissent un cadre relativement rigide de la conduite optimale à suivre face à un problème donné, et ce, basée sur les dernières recherches. Il devient alors difficile pour un médecin de justifier une conduite en dehors de ce cadre. Dans l’éventualité d’une poursuite, un médecin veut prouver qu’il a bien géré la problématique du patient. Et cette preuve commence en respectant les guides de pratique.

    Alors, indirectement, ces guides ont force de loi.

    En ce qui concerne la dépression, les guides de pratique recommandent une médication tôt dans le traitement de cette pathologie. Ainsi, il ne faut pas se surprendre que les médecins prescrivent cette médication rapidement.

    À l’inverse, si les guides de pratique en venaient à déconseiller l’utilisation d’antidépresseurs, le nombre de prescription de ces derniers diminueraient rapidement.

    Une telle situation s’est produite concernant l’hormonothérapie substitutive pour traiter les symptômes de la ménopause. Le nombre de prescription de cette médication a considérablement baissé depuis la parution d’une étude levant le voile sur certains effets indésirables de l’hormonothérapie.

    Publié par Iris à 20:26

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