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Perles médicales

La patiente pleurait et criait constamment. Elle semblait également déprimée.
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À propos du blogue

Ce blogue a été créé dans le but de donner un regard critique sur le monde de la santé. La caractéristique particulière de ce blogue est que le point de vue provient de quelqu’un oeuvrant dans le système de santé, quelqu’un au cœur de l’action.

Durant plusieurs années, j’ai observé silencieusement les commentaires émis par les médias, la population et les organisme gouvernementaux. Cependant, les professionnels de la santé ont été discrets dans leur prise de position. J’espère pouvoir apporter mon point de vue qui, sans représenter nécessairement l’ensemble des acteurs du système de santé, se veut sincère et objectif autant qu’humainement possible.

Message pour les avocats... en aucun cas les opinions dans les articles ne représentent des avis médicaux. Les récits médicaux sont inspirés de situation réelle mais des détails ont été modifiés dans le but de conserver l'anonymat des patients.



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  • 08déc
    Un excellent article du Happy hospitalist sur les complications médicales, la qualité des hôpitaux et la mentalité des soins de santé “parfaits”. Ceci dit, l’article concerne le système de santé de nos voisins du Sud.

    Voici des extraits :

    It’s not as simple an issue as a patient was harmed, the hospital sucks.

    Many would like to believe that anything short of zero is bad.  And that perfection mentality will kill us all, by bankrupting the hospital system and sending safety nets to their grave.

    What do we want as a country?  Do we want perfect care?  Or do we want great access.  You can’t have both.  Perfect is expensive.  And we all know that expense is inversely proportional to access.  So America.  Who’s going to pay for it?   The tax payer is already paying for 5 trillion dollars in bail outs.  Are we going to ask them to pay 30 trillion dollars more?  

     

    If we want the rich to pay for everything, they will eventually stop working so hard.  And that means we are right back at square one.  No work.  No taxes.  So, who’s going to pay for it?

     

    When we run out of money,  Perfection Will Kill Us All.

    Publié par Québomed à 20:05

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  • 09août
    Il arrive parfois qu’à l’hôpital ou qu’en cours de traitements, les événements ne se déroulent pas parfaitement ou prennent même une tournure tragique. On pourrait se demander s’il n’y a pas eu une erreur médicale. Bien qu’une erreur médicale puisse effectivement entraîner des conséquences fâcheuses, un problème dans le bon déroulement des soins peut avoir comme origine diverses causes. En voici quelques-unes.

     

    Effets secondaires d’un médicament

     

    Si un médicament peut guérir, il peut aussi malheureusement causer des effets secondaires. Ils peuvent être bénins et prévisibles, comme de la constipation avec des narcotiques ( antidouleur ), mais peuvent également entraîner des conséquences plus sérieuses et difficiles à prévoir, comme une réaction anaphylactique ( réaction allergique sévère ) à la pénicilline.

     

    C’est au patient et au médecin de balancer les bienfaits d’un médicament et les risques et effets secondaires acceptables par le patient.

     

    Complication d’une maladie

     

    Personne n’aime être malade, et on peut espérer se rétablir rapidement sans séquelles. Mais il peut survenir des complications parfois graves à des maladies communes. Par exemple, une gastro-entérite peut entraîner une déshydratation assez sévère pour causer la mort.

     

    Complication d’une chirurgie

     

    Les progrès en anesthésie et en contrôle des infections ont rendu les chirurgies plus sécuritaires, mais il en demeure néanmoins qu’une chirurgie comporte des risques non négligeables. Il est du devoir de votre chirurgien de vous énumérer les risques inhérents à l’opération que vous devez subir.

     

    Difficultés diagnostiques

     

    Trouver le problème est souvent plus difficile qu’il n’y paraît. Un médecin agit comme un détective pour rassembler les indices qui le mèneront au diagnostic. Parfois, il manque d’indices et la clé de l’énigme peut être alors plus difficile à trouver. Des tests et examens plus poussés peuvent être réalisés selon les hypothèses et l’état du patient, mais une attitude plus conservatrice et une observation représentent parfois la meilleure option.

     

    Une situation classique est le patient se présentant pour une fièvre de courte durée sans autres symptômes. Il arrive souvent que le patient retourne à la maison sans diagnostic précis et que d’autres symptômes apparaissent dans les heures qui suivent permettant de mettre précisément le doigt sur le problème. Ce même patient peut alors penser que le premier médecin a manqué le diagnostic, mais la réalité veut plutôt qu’il n’avait pas les informations nécessaires pour donner un diagnostic précis.

     

    Limite des connaissances du médecin

     

    La quantité des connaissances en médecine augmentant sans cesse, il est inconcevable qu’un médecin puisse se tenir à jour sur tout. Il peut arriver qu’un médecin ne puisse résoudre un problème avec ses connaissances, il est alors encouragé à demander de l’aide d’un collègue.

     

    Limite de la science

     

    La science a fait beaucoup de progrès durant les dernières années mais elle a des limites bien évidentes. On rencontre fréquemment des patients insatisfaits jugeant leurs traitements pas assez efficaces mais qui, en réalité, n’est qu’un reflet que la médecine a ses limites.

     

    L’erreur médicale

     

    Le système de santé repose sur les épaules de professionnels et ceux-ci commettent malheureusement parfois des erreurs. L’erreur est humaine mais parfois désastreuse. Le meilleur remède demeure une bonne communication entre le patient et son médecin.

    Publié par Iris à 13:08

  • 28mai
    Pour travailler à l’urgence, il faut être multitâches. Nous sommes constamment interrompus par des appels, des résultats de laboratoire, des cas urgents. C’est irritant, mais on s’y fait.

     

    Une certaine soirée, j’ai reçu un appel d’une jeune infirmière par rapport à des signes vitaux anormaux. Pas complètement catastrophiques, même que pour la situation, il ne fallait pas s’alarmer outre mesure. J’ai tout simplement demandé à l’infirmière de prendre les signes vitaux sur une base régulière et de ne pas trop s’inquiéter. Je me serais attendu à ne plus être dérangé pour ce sujet, à moins d’un changement drastique de l’état du patient. Toutefois, avant la fin de la soirée, l’infirmière m’aura appelé à 4 ou 5 reprises.

     

    À chaque fois, je disais à l’infirmière qu’il ne fallait pas s’alarmer. Et invariablement, elle me rappelait au bout d’une heure ou deux pour le même motif. Ahhh pour Mme X, je m’inquiète pour sa pression. Oui, je sais, c’est la même chose depuis 5 heures et ça fait 4 fois que vous m’appelez pour ça!

     

    À la fin, ça finit par taper sur les nerfs. Surtout que je me suis demandé si l’infirmière ne remettait pas en doute mon jugement.

     

    Quelques jours plus tard, j’ai eu l’occasion de rencontrer cette infirmière et de discuter de cet événement avec elle. Pourquoi elle me dérangeait continuellement ? Pour se protéger. Se protéger légalement, on s’entend. S’il était arrivé un pépin et que la situation s’était détériorée, elle aurait pu alors prouver qu’elle avait fait son travail dans les règles de l’art. Regardez… j’ai averti le médecin à plusieurs reprises et il n’a rien fait.

     

    Vous voyez le genre.

     

    Son comportement se résume à une chose : la peur des poursuites. Une peur présente dans chaque professionnel de la santé et qui les pousse à poser une montagne de petites actions qu’ils n’auraient pas effectuées dans une atmosphère plus… plus détendue, disons.

     

    Est-ce que c’est bien? À première vue, peut-être. Vous me direz que cela oblige les différents professionnels à être ultra consciencieux. Peut-être, je dis bien. Mais plus j’y pense, plus j’ai l’impression que cette atmosphère de peur contamine le milieu de travail et la profession.

     

    Prenez la situation que je viens de vous décrire. Ce n’est pas un cas isolé. C’est la norme. Dans ce cas-ci, je voulais démontrer comment cette crainte des poursuites pouvait miner l’atmosphère de travail. Cette fois-ci, la patiente a bien évolué. Mais imaginez une situation qui aurait dégénéré. Tout le monde aurait accusé tout le monde. C’est pas moi, c’est lui. Parlez-moi d’un milieu de travail positif!

     

    Mais cet effet pervers ne se limite pas qu’à l’atmosphère de travail. Il conditionne complètement la relation entre le médecin et son patient. Au cours des dernières années, la crainte des poursuites a considérablement modifié les comportements des médecins. Les soins ne sont plus axés sur le patient, mais sur comment éviter les poursuites. On prescrit un examen, non pas pour le bien du patient, mais pour se protéger, au cas où… On demande tel spécialiste, non pas parce que la situation le requiert nécessairement, mais au cas où… Les notes au dossier s’allongent, puisqu’on doit écrire chaque détail de notre rencontre au cas où… Au cas où la situation se cochonne, qu’un avocat scrute notre dossier et qu’on nous demande pourquoi on n’a pas fait tel geste ou demandé tel truc. Pas de problème. J’ai demandé tous les tests imaginables et inimaginables, consulté la moitié des médecins. Tout est écrit. Je suis protégé!

     

    De nos jours, pratiquer la médecine n’est pas une science ou même un art, mais un acte légal. Si certains patients entrent dans le bureau en tenant un avocat par la main, la majorité des médecins débutent leurs consultations en se demandant quoi faire pour éviter les poursuites.

     

    Et le patient dans tout ça? Il passe après. Il me semble que ce n’est pas la raison pour laquelle la médecine a été inventée.

    Publié par Québomed à 19:15

  • 17mai
    Quand les médecins font des erreurs

     

    Je vous ai parlé lors de mon dernier article du livre de Atul Gawande, Complications : a Surgeon’s Notes on an Imperfect Science.

     

    En voici un extrait que je trouve particulièrement intéressant et que j’ai traduit pour vous.

     

    J’aurais bien voulu vous écrire un article venant totalement de ma propre main, mais cet extrait est tellement génial que je n’aurais pas été en mesure de l’égaler.

     

    « Considérez quelques erreurs médicales. Dans un cas, le chirurgien a oublié un instrument en métal dans l’abdomen de son patient. Cet instrument a perforé l’intestin et la vessie. Dans un autre cas, un chirurgien-oncologue a biopsié le mauvais sein de sa patiente, retardant son diagnostic de cancer de plusieurs mois. Lors d’une chirurgie pour un remplacement de valve cardiaque, un chirurgien a oublié d’effectuer une étape simple mais cruciale pour le bon déroulement de l’opération. Le patient en est décédé. Un autre chirurgien a évalué un homme souffrant d’une grosse douleur abdominal. Vu qu’il était certain que le patient souffrait d’une pierre aux reins, le chirurgien n’a pas trouvé bon de demander un scan de l’abdomen. Dix-huit heures plus tard, un scan a finalement démontré une rupture d’un anévrisme de l’aorte abdominale, et le patient est décédé peu après.

     

    Comment quelqu’un qui fait une erreur d’une telle ampleur peut-il être encore autorisé à pratiquer la médecine? On appellerait volontiers ces docteurs des « incompétents » ou des « médecins négligents ». On voudrait les voir réprimandés sévèrement pour leurs erreurs. C’est ainsi que le système, pour gérer les erreurs médicales, en est venu à utiliser les poursuites, les scandales médiatiques, les suspensions et les congédiements.

     

    Il y a par contre un fait qui vient contredire cette vision un peu étroite d’incompétence : tous les médecins font des gaffes monstrueuses. Prenez les cas que je viens juste de vous décrire. J’ai obtenu ces histoires en demandant à des chirurgiens respectés – les meilleurs des hôpitaux universitaires – les erreurs qu’ils avaient commises durant la dernière année. Tout le monde avait une histoire à me raconter. »

    Publié par Québomed à 15:56

  • 15mai
    Quels sont les deux sujets les plus délicats à traiter en médecine?

     

    Le premier est le corporatisme médical.

     

    Le deuxième est la question des erreurs médicales.

     

    C’est ce dernier sujet qui m’embête le plus. Je ne sais pas trop comment l’aborder. D’un côté, il y a tellement à dire, et de l’autre, je ne sais pas sous quel angle aborder cette question de façon à éviter le raz-de-marée de rage et d’émotion qui accompagne souvent ce sujet délicat.

     

    Ouais…. sujet difficile et délicat.

     

    Un type a réussi à explorer la question des erreurs médicales d’une façon sereine. Atul Gawande, un résident en chirurgie, a publié un livre fort intéressant sur la mentalité du monde médical. Pour vous mettre un peu dans l’ambiance, voici le titre du livre : « Complications : A Surgeon’s Notes on an Imperfect Science ». Dr Gawande utilise un ton de confidence, et c’est l’une des raisons pourquoi son message passe si bien sur une réalité si dure.

     

    Tout le monde qui entre dans un hôpital devrait troquer leur Bible pour ce livre. Fini les Reader’s Digest et les 7 jours. Bonjour Dr. Gawande.

     

    Je veux m’inspirer de son approche. Le sujet est tellement important. Et on en parle tellement peu.

     

    Entre-temps, vous pouvez lire quelques articles écrits par des journalistes qui s’aventurent sur le sujet. Malheureusement, ça dégénère souvent en « docteur bashing ».

     

    Du gros « doctor bashing ».

     

    Et ça, je veux l’éviter. Car tout ce que cela apporte, c’est de monter les médecins et les patients les uns contre les autres. On n’a pas besoin de conflits supplémentaires. Et de toute façon, ça ne mène nulle part, le problème ne se règle pas et on tourne en rond.

     

    Des gros ronds.

    Publié par Québomed à 21:40

   

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