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Perles médicales

Le patient avait une sensation de brûlement dans son pénis qui allait jusqu'à ses pieds.
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À propos du blogue

Ce blogue a été créé dans le but de donner un regard critique sur le monde de la santé. La caractéristique particulière de ce blogue est que le point de vue provient de quelqu’un oeuvrant dans le système de santé, quelqu’un au cœur de l’action.

Durant plusieurs années, j’ai observé silencieusement les commentaires émis par les médias, la population et les organisme gouvernementaux. Cependant, les professionnels de la santé ont été discrets dans leur prise de position. J’espère pouvoir apporter mon point de vue qui, sans représenter nécessairement l’ensemble des acteurs du système de santé, se veut sincère et objectif autant qu’humainement possible.

Message pour les avocats... en aucun cas les opinions dans les articles ne représentent des avis médicaux. Les récits médicaux sont inspirés de situation réelle mais des détails ont été modifiés dans le but de conserver l'anonymat des patients.



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  • 18nov
    Je termine de lire une série d’articles sur le manque d’intérêt des étudiants envers la médecine familiale. Ce dossier a été publié dans l’édition du 5 novembre de l’Actualité médicale, un journal destiné aux médecins et complètement placardé de publicités de compagnies pharmaceutiques.

    De 2000 à 2007, le Québec a vu l’arrivée de 1923 spécialistes contre seulement 1309 omnipraticiens, une ÉNORME différence de 614 têtes.

    Pourquoi ? Pour beaucoup de trucs, selon les auteurs. Rémunération, manque d’exposition à la médecine familiale à la fac, blablabla. Pas nécessairement faux ou dénué d’intérêts.

    Pourtant, l’enjeu majeur - das problem - n’y est pas abordé. Du moins, si peu. On parle de dénigrement de la médecine familiale. Dénigrement …? Hahaha, quelle bonne blague. J’aime ce journal dans sa façon de présenter une version édulcorée de certaines situations.

    J’emploierais une expression plus appropriée… disons… système de castes? Système dans lequel les omnipraticiens jouent le rôle de médecins de deuxième classe, des médecins pas assez talentueux pour devenir de grands spécialistes.

    J’ai déjà entendu un spécialiste dire à un collègue que la médecine familiale n’était qu’une petite merde. Évidemment, les remarques ne sont pas toujours aussi cinglantes, mais tout aussi dénigrantes. Combien de fois est-ce que j’ai entendu un spécialiste complimenter un étudiant en lui disant qu’il était trop doué pour la médecine familiale? Ça fait partie du quotidien d’un étudiant en médecine.

    Cette division dépasse le dénigrement et se remarque à plusieurs niveaux. La rémunération moyenne des omnipraticiens au Québec accuse un retard de 33% par rapport à celle des spécialistes. En 2008, 17 % des postes de résidence en médecine familiales ont été laissés vacants contre 3 % en spécialité. Il existe deux fédérations (l’équivalent des syndicats) pour représenter les médecins, une pour les omnis (FMOQ), l’autre pour les spécialistes (FMSQ). Bien que ces fédérations n’entretiennent pas officiellement d’hostilité l’une envers l’autre, cette division témoigne d’une séparation entre les spécialistes et les omnipraticiens. Chacun dans son coin. Chacun sur son échelon.

    Alors, voici ce que vous présentez aux étudiants dans les facs en médecine, qui sont, ne l’oublions pas, des milieux de fermentation de l’égo. D’un côté, se dresse le radiologiste respecté gagnant 400 000$ par année pour du 8 à 5 à interpréter des images sur un écran haut de gamme dans un local climatisé. De l’autre, se cache l’omnipraticien, cette espèce de médecin raté, à soigner les patients dont les spécialistes se débarrassent dans une clinique bondée et ce, pour un demi-salaire de vrai médecin.

    Maintenant, êtes-vous réellement surpris que les étudiants en médecine favorisent les spécialités?

    Publié par Québomed à 15:43

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  • 30sept
    Vous pouvez trouver merveilleux que votre héritier soit accepté en médecine. Je crois néanmois que s’ils savaient à quel point une formation en médecine peut devenir un enfer, peu de parents accepteraient que leur enfant risque une telle torture. Oui, oui. J’utilise bien le mot torture, et je pèse très bien le poids de ce mot.

    Voici une belle découverte d’un site, medschoolhell, qui traite de la question d’un ton complètement satirique.

    De l’humour noir qui me rappelle de mauvais souvenirs.

    Le meilleur article du site : 101 Things You Wish You Knew Before Starting Medical School. Un classique! Savoir que vous lirez ce texte me soulage déjà de quelques frustrations depuis trop longtemps refoulées.

    Publié par Québomed à 23:33

  • 21avr
    Je vous présente un livre aujourd’hui.

     

    Heart Failure par Dr. Greger.

     

    Heart Failure par Dr. Greger

     

    Dr. Greger nous livre son expérience pour le moins marquante de son externat dans une université américaine. Il nous décrit son combat contre une culture dominée par le pouvoir, l’argent, la compétitivité et l’arrogance.

     

    Ça me rappelle mon propre externat.

     

    Vous voulez savoir ce qui se passe entre les 4 murs d’une fac de médecine? Vous avez le choix entre Heart Failure et Dr Grey. L’un est une oeuvre de fiction, l’autre non.

     

    Moi, je prends Heart Failure.

     

    Mais attention avant d’étendre aux universités québécoises tout ce que vous lirez. Dr. Greger décrit une réalité américaine d’il y a 10 ans, avec des études qui sont parfois tout aussi vieilles. Et depuis ce temps-là, on a fait des bonds incroyables ou niveau de l’ouverture d’une société médicale qui fut bien trop fort longtemps repliée sur elle-même comme une secte du Moyen-Âge le serait. De plus, bien que les méthodes et la structure de l’enseignement médical américain et québécois se ressemblent énormément, la nôtre est considérée comme plus soft envers ses étudiants. Une chance…

     

    Ceci dit, j’aime bien ce livre bien que je ne sois pas en accord avec tout ce que le type écrit. Un peu trop pamphlétaire à mon goût. Mais je l’aime assez pour qu’il puisse me servir d’inspiration pour certains de mes futurs articles. Ça promet!

     

    Si vous pensiez que les étudiants en médecine vivent dans un monde d’amour où les papillons volent et que les oiseaux chantent Les quatre saisons de Vivaldi, vous allez tomber sur le cul sur le coccyx.

     

    Ah oui… j’oubliais. Heart Failure est disponible complètement sur son site web, alors, pas d’obligation de l’acheter pour le lire.

    Publié par Québomed à 0:02

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  • 15avr
    Si vous avez déjà visité un hôpital universitaire, vous avez peut-être eu la chance de parler de vos bobos avec quelqu’un qui semblait trop jeune pour être médecin. Peut-être que vous avez même eu droit à la totale : la visite d’un paquet de jeunes visages déguisés d’un sarrau. Ils se présentent tour à tour comme, étudiant en médecine, externe ou résident et vous parlent d’un « patron » que vous voyez plus rarement. Vous l’aurez deviné, vous avez été évalué par des futurs médecins sur le chemin de leur longue formation médicale.

    Vous avez probablement de la difficulté à faire la différence entre un étudiant en médecine et un résident.

    On va clarifier ça. J’en profite pour vous expliquer le parcourt d’un futur médecin.

    Il y a un début à tout! Les premières années de la formation médicale ne consistent principalement qu’à une formation théorique, de cours magistraux et d’ateliers dispensés à l’université. À travers tout ça se greffe des visites à l’hôpital pour se familiariser avec l’approche des patients. Vous les rencontrez rarement dans les hôpitaux, mais se présentent en général comme étudiant en médecine. Cette étape s’appelle la formation pré-clinique.

    Il faut bien tôt ou tard se lancer dans le feu de l’action et commencer les stages. Pour obtenir son diplôme, chaque étudiant doit faire un stage dans tous les domaines majeurs de la médecine, passant de la chirurgie à la pédiatrie. Ce sont ceux qu’on appelle les externes. Ils ne gagnent aucun salaire et n’ont aucune responsabilité légale. Ils doivent être supervisés en tout temps.

    Ceux qui ont survécu à ces deux étapes se mériteront un doctorat en médecine. Ils obtiennent du même coup le titre de docteur. La durée du programme de médecine varie entre 4 ou 5 ans au Québec.

    Ce nouveau docteur peut-il alors pratiquer la médecine à St-Ouin-Ouin-des-Meux-Meux? Non! Il lui faut passer quelques années difficiles qui s’appellent la résidence. La résidence est également le moment où les différents médecins choisissent un parcours différent qui les mèneront soit vers la médecine familiale ou une spécialité. Une résidence en médecine générale dure 2 ans, alors que la majorité des spécialités demande 5 ans de dur labeur.

    Le rôle d’un résident est un rôle d’apprenti. Ils ont des responsabilités accrues et peuvent, contrairement aux externes, prescrire des médicaments. On leur confie des patients et la supervision est toujours présente mais se relâche au fur et à mesure que le résident acquiert de l’expérience. Ils s’exposent en contrepartie aux poursuites. Les semaines de travail sont longues et peuvent s’étirer jusqu’à des 110 heures, surtout dans les spécialités chirurgicales. Heureusement, les résidents se méritent un salaire variant de 40 000 à 60 000$.

    Après cette longue formation, variant de 6 à 10 ans pour la plupart, et après avoir réussi les différents examens au niveau des ordres professionnels, les résidents deviennent « full-docteur » et peuvent pratiquer la médecine comme bon leur semble.

    Le fameux « patron » auquel je faisais allusion au début de l’article est le médecin supervisant les externes et les résidents. Avouez que comme terme, ça fait un peu années 50.

    Voilà! Maintenant vous savez à qui vous parlerez lors de votre prochaine visite à une urgence universitaire près de chez vous.

    Publié par Québomed à 18:22

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  • 01avr

    Besides medical school, there is probably no other four-year experience - unless it be four year’s service in a war - that can so change the cognitive content of one’s mind and the nature of one’s relationships with others.

    - F.D. Moorse, Harvard Medical School

     

    Lorsque je suis rentré à la fac de médecine, j’étais un ado. Lorsque j’en suis sorti, j’étais un adulte.

     

    Je n’ai jamais autant appris sur la société que dans les cabinets de médecin. Beaucoup à travers les gens. Leurs forces, leurs faiblesses. Les pauvres et les malades, ceux qu’on ne voit jamais dans à la TV ou même dans les rues. La vulnérabilité des personnes sous leur apparence invincibilité.

     

    J’ai aussi appris de l’attitude des médecins que j’ai côtoyés, et pas nécessairement pour le mieux. Une hiérarchique froide et le pouvoir de l’autorité. L’influence de l’argent dans la prise de décision. Le narcissisme écrasant de certains médecins.

    Il y a des choses que j’ai vues qui me marqueront à vie et que je préfère refouler dans mon inconscient. D’un autre côté, je ne crois pas que j’aurais totalement saisi le monde dans lequel on vit si j’avais décidé de me diriger vers dans un autre domaine d’étude.

     

     

    Publié par Québomed à 20:22

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