Plusieurs points intéressants ont été soulevés. Néanmoins, il en reste un bien enfoui car pour l’évoquer, il faut bien connaître les rouages du système. C’est l’influence des guides de pratique ( ou « guidelines » en anglais ).
Un guide de pratique rassemble les connaissances à jour sur un sujet précis - ex. la dépression – pour en ressortir une série de recommandations sur la prise en charge d’un problème de santé. Le tout ressemble à une marche à suivre s’adaptant à la situation d’un patient.
Exemple :
Devant tels symptômes, faites les examens A, B, C. Commencer le traitement X.
Si échec du traitement X après deux semaines, vous pouvez tentez le traitement Y.
Si le patient demeure symptomatique après le traitement Y, considérez une consultation en spécialité.
Voici le guide de pratique pour la dépression de l’association canadienne de psychiatrie.
Les guides de pratique ont pour avantage d’aider les médecins à se conformer aux dernières normes en terme de prise en charge d’un problème et ce, avec un maximum d’efficacité. Avant, la médecine était comme la cuisine. Chaque médecin avait sa recette, et certaines recettes étaient meilleures que d’autres. L’arrivée des guides de pratique a aidé à uniformiser les soins de santé.
Tout système comporte des faiblesses, et il en va de même pour les guides de pratique. Ces guides définissent un cadre relativement rigide de la conduite optimale à suivre face à un problème donné, et ce, basée sur les dernières recherches. Il devient alors difficile pour un médecin de justifier une conduite en dehors de ce cadre. Dans l’éventualité d’une poursuite, un médecin veut prouver qu’il a bien géré la problématique du patient. Et cette preuve commence en respectant les guides de pratique.
Alors, indirectement, ces guides ont force de loi.
En ce qui concerne la dépression, les guides de pratique recommandent une médication tôt dans le traitement de cette pathologie. Ainsi, il ne faut pas se surprendre que les médecins prescrivent cette médication rapidement.
À l’inverse, si les guides de pratique en venaient à déconseiller l’utilisation d’antidépresseurs, le nombre de prescription de ces derniers diminueraient rapidement.
Une telle situation s’est produite concernant l’hormonothérapie substitutive pour traiter les symptômes de la ménopause. Le nombre de prescription de cette médication a considérablement baissé depuis la parution d’une étude levant le voile sur certains effets indésirables de l’hormonothérapie.







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