Curieusement, il y a plusieurs points de ressemblances entre l’image que vous m’avez dessinée et les raisons mentionnées dans mon article pour lesquelles certaines personnes pouvaient moins avoir confiance aux médecins.
Être attentif à son patient, prendre le temps d’écouter et d’expliquer
C’est la qualité qui vous semble la plus importante!
Et comment! Surtout lorsqu’on sait que les médecins interrompent leur patient après en moyenne 18 secondes!!!
En pratique, ce n’est toutefois pas facile de satisfaire tous les patients sur ce point. Il y a de ces patients qui entrent dans votre bureau avec une histoire de vie, dix problèmes de santé et dix questions sur chaque problème… à la clinique du sans rendez-vous!! Je peux vous dire avant la consultation que ces patients repartiront sans avoir l’impression d’avoir été écoutés.
Ensuite, l’enseignement qu’on donne aux médecins leur permet d’aller chercher rapidement les informations nécessaires au diagnostic en évitant les détails superflus. Ultra-pratique dans une clinique ou une urgence bondée, mais qui se fait en interrompant le patient dès qu’il sort du cadre précis de la raison de consultation, ce qui amène souvent de la frustration.
Il y a un point que j’aimerais amener que vous n’auriez jamais soulevé en 100 ans. Bon, peut-être que j’exagère, mais quand même, c’est l’élément qui me semble le plus important.
Est-ce que vous savez comment la majorité des médecins facturent leurs services au gouvernement? Bien sûr, à l’acte. Cela signifie que pour un service rendu, comme par exemple une consultation, le médecin reçoit la même rémunération qu’il prenne 15 ou 30 minutes son patient. Et comme le temps, c’est de l’argent, plus le médecin prend de temps avec ses patients, moins il peut en voir et moins il est payé à la fin de sa journée. Conflit d’intérêts un peu gênant et je ne crois pas que ce système reflète bien les valeurs québécoises (j’en discute un peu plus longuement ici).
J’ai déjà entendu comme remarque qu’un médecin qui prend son temps est un médecin qui crève de faim. Ça dresse un portrait un peu sinistre mais résumant bien la situation.
Par contre, au point de vue du système de santé, prendre du temps avec son patient comporte un aspect rentable. Un patient qui se sent écouté est un patient satisfait qui n’ira pas encombrer les autres cliniques. Un patient mieux soigné est un patient qui n’ira pas décompenser son asthme à l’urgence. Un patient qui comprend sa maladie est un patient qui se traitera mieux. Des trucs super importants.
Bon, assez pour aujourd’hui, je commenterai le reste dans un autre article que j’écrirai demain ou après-demain.








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