Vous pensez peut-être que je vous parlerais des compagnies pharmaceutiques. Eh bien, non. Je laisse ça pour une prochaine fois.
Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est plutôt le mode de rémunération des médecins. La majorité des médecins sont payés à l’acte. Ainsi, plus un médecin voit de patients, plus son chèque de paie grossit. À l’inverse, si un médecin prend beaucoup de temps avec ses patients, il aura vu moins de clients à la fin de la journée et sa rémunération sera moindre.
Le système récompense donc la rapidité. Le but ici devient de rentabiliser son temps et ses efforts pour obtenir le meilleur rapport salaire/heure de travail. De ce point de vue, tout ce qui ralentit un médecin est perçu comme une perte d’argent, ainsi que tout acte qui est peu ou pas payant. Cela inclut les explications données aux patients, le traitement des maladies complexes ou de patients très malades, les visites à domicile, la prévention, etc. Pourtant, ces trucs sont essentiels à une pratique saine de la médecine ainsi qu’au bon fonctionnement du système de santé.
Les médecins se retrouvent donc au beau milieu d’un conflit d’intérêts : bien faire leur travail ou faire de l’argent.
Ça nous donne des situations comme celle décrite dans cet article paru sur cyberpresse.

Je ne veux pas porter un jugement éthique sur ces médecins qui font ce qu’on appelle dans le milieu, du débit. Après tout, je me retrouve dans la même situation qu’eux. Les loyers des cliniques médicales coûtent les yeux de la tête et nous voulons, comme tout le monde, rentabiliser notre investissement. Chaque patient, qui pour une raison ou une autre nous ralentit, qu’il soit anxieux, très malade, demandant, devient alors un irritant. La tentation est grande de tourner les coins ronds.
Et sincèrement, la majorité des médecins ne sont pas heureux dans cette pratique car ils savent qu’ils offrent des services de moindre qualité sous le stress d’un système qui les pousse à courser d’un patient à l’autre.
Il faudra bien un moment donné qu’on se pose la question si on veut évoluer d’un système qui favorise le débit à un système qui encourage les médecins à prendre leur temps.
Entre autre, je pense au salaire horaire, un mode de rémunération qui demeure marginal pour l’instant.







Dimanche, 27 avril 2008 à 6:53
Je suis d’accord qu’un salaire horaire serait justifié dans le contexte d’un système tel que l’on a.
Moi ce qui me dérange du principe de je fournis ma carte soleil pour le médecin soit rénuméré, c’est qu’il ne me fait rien signer.
Je suis désolé, mais moi quand je vais au garage pour mon auto, j’ai une facture détaillé, que je peux vérifié.
Pourquoi cela n’est pas comme ca en santé? Je ne sais pas si une visite pour une grippe vs une bronchite est la même rénumération, mais parfois je me dis qu’un médecin pourrait bien “booster” ma facture au gouvernement.
Mercredi, 22 octobre 2008 à 11:49
[...] Est-ce que vous savez comment la majorité des médecins facturent leurs services au gouvernement? Bien sûr, à l’acte. Cela signifie que pour un service rendu, comme par exemple une consultation, le médecin reçoit la même rémunération qu’il prenne 15 ou 30 minutes son patient. Et comme le temps, c’est de l’argent, plus le médecin prend de temps avec ses patients, moins il peut en voir et moins il est payé à la fin de sa journée. Conflit d’intérêts un peu gênant et je ne crois pas que ce système reflète bien les valeurs québécoises (j’en discute un peu plus longuement ici). [...]
Jeudi, 4 décembre 2008 à 13:21
Mon médecin de famille, un honnête homme, s’est fatigué de ce système payé à l’acte. Il fait beaucoup moins de consultations et plus de recherche. Il croit que tant que les médecins seront payés à l’acte, on obtiendra des résultats médiocres pour la santé des patients.
Il faut que ça change !
Lundi, 25 mai 2009 à 20:55
Payé à l’acte oui mais, il y a un quota … non ? Ce quota, il est préférable pour certains de le compléter en 3 semaines plutôt qu’en 4. Est-ce exact ?