Le 9 mai a eu lieu une mini-manifestation contre la sismothérapie, ou électrochocs, pour les non initiés au jargon médical.
En lisant cette nouvelle, ma première réaction a été : mais de quoi ils se mêlent? C’est quoi le truc?
Ahhhhhhhhh… ok. Je vois le problème. Ces gens-là trouvent que c’est totalement barbare de zapper le cerveau d’un dépressif. Ils se couchent le soir en imaginant un type en jaquette d’hôpital jouer du bacon devant l’œil indifférent d’un psychiatre habillé à la mode des années 50.
Mais de quoi ils se mêlent? Que savent-ils de la sismothérapie?
Cette thérapie a évolué. On sédationne les patients pour éviter les contractions tonico-cloniques. Elle est réservée pour les cas psychiatriques difficiles pour lesquels les autres formes de thérapie se sont soldées par des échecs.
Lorsque vient le temps d’évaluer une thérapie, le critère le plus important est le rapport coût-bénéfice. On veut que le patient soit mieux après qu’avant la thérapie. On se fout carrément que le terme « électrochocs » ne soit pas politiquement correct. Ça marche ou pas? Parce qu’on serait fou de s’en passer à cause d’un illuminé qui associe la sismothérapie et la mise à mort par électrocution.
Et j’imagine ce que ces personnes diraient aux patients qui pourraient bénéficier de la sismothérapie. Parce que donner des chocs au monde, c’est pas beau. Tu t’imagines? Se faire zapper le cerveau? On dirait que nous sommes encore dans les années 40. En plus, je suis sûr que c’est commandité par Hydro-Québec pour juste faire de l’argent. Les électrochocs auraient pu améliorer ta dépression, mais je ne peux pas concevoir ce genre de barbarie. On sait plus quoi faire pour t’aider, mais c’est pas grave, je vais être avec toi. Oups… ma manifestastion m’a épuisé. On se revoit… à un moment donné. Ciao!
Ça va être quoi leur prochain cheval de bataille? La chirurgie à cœur ouvert? On ouvre le cœur, eurk! Le cœur me lève juste à y penser.







Lundi, 11 mai 2009 à 10:00
Tout a fait d’accord!
Je me rends compte que les préjugés sur la psy ont la vie dure aussi bien au Québec qu’en France!
Fini les chambres capitonnées, les doses de ttt pour “casser” les patients, les sismo “à l’arrache” dans un coin du service!
La psychiatrie a avancé que diable!!
Lundi, 11 mai 2009 à 10:59
Je veux bien! C’est clair que ça aurait été éliminé depuis longtemps des pratiques médicales si ça ne fonctionnait pas. N’empêche que parler d’électrochocs, ça fait travailler l’imaginaire… Comment ça marche donc? Est-ce qu’on sait pourquoi parfois c’est efficace?
Mercredi, 13 mai 2009 à 21:40
Je me rappelle mon stage de psychiatrie. Il y avait cette patiente, en dépression majeure qu’on qualifiait de mélancolique: affaissée, épuisée, impossible à mobiliser… Les anti-dépressseurs avaient été essayés, en série, sans succès. Elle était désespérée. Voulait retourner à sa vie mais n’arrivait pas à se sortir de la poisse…
Elle avait déjà fait un épisode semblable il y avait plus de 10 ans et la seule chose qui avait fonctionné, c’est la sismothérapie.
Après plusieurs essais thérapeutiques, hospitalisations et ré-hospitalisations, à la demande de la patiente, le psychiatre a prescrit les chocs. Par curiosité, et pour supporter la patiente, en bonne externe, je l’y avait accompagné. J’ai vu l’anesthésiste l’endormir, gonfler le brassard qui nous permettrait de monitorer l’apparition de convulsions, administrer le curare puis le traitement.
Et la patiente a récupéré… Elle a émergé de sa dépression et elle était de retour à la maison quelques jours plus tard.
La dépression détruit des vies et quand on peut faire sans les électrochocs, on s’en passe mais pour avoir vu le bien irremplaçable que ceux-ci peuvent faire, je crois fermement en leur utilité. Il ne faudrait pas s’en priver pour faire plaisir à l’opinion populaire.
Le temps d’Alys Robi est passé….. heureusement!
Dimanche, 21 juin 2009 à 8:59
Bonjour
Ces “illuminés” comme vous dites savent de quoi ils parlent. Je suis le Webmaster du site “La psychiatrie nous ment” ancien psychiatrisé et je peux vous assurer que la psychiatrie n’est pas la martyre dont vous parlez; Alleer voir mon site et vous comprendrez mieux ce que je veux dire.
Est-ce que trois ans en psychiatrie me permet d’avoir une vague idée de ce qu’elle? Un peu je pense. Surtout plus que ceux qui se dresse comme des défensuers de “cette pauvre psychiatrie” alors qu’ils en connaissent peu ou prou.
Cordialement
Jean-Sylvestre Thépénier
Samedi, 19 septembre 2009 à 6:50
… La psychiatrie a avancé que diable!! …
Oui et laissez-là aller, elle tombera toute seule cette menterie psychiatrique.