Une question de Phil :
« Peut-être pouvez me répondre, mais pourquoi lorsqu’on prend un RDV disons pour un echo, le premier de la journée à disons 9am, on arrive à passer en retard, pas de 2-3min, mais de 15-30min? C’est qui le problème? »
Il y a plusieurs réponses. Ça dépend du qui, du quand et du pourquoi.
Le matin, lors du premier rendez-vous de la journée, il ne devrait pas y avoir de retard à moins de causes exceptionnelles comme un bris technique. Certains médecins maîtrisent mal l’art de la ponctualité, comme certains patients d’ailleurs. Sincèrement, dans un cas comme dans l’autre, je considère que c’est un manque de respect.
Après le début de la clinique, il peut se passer une foule de choses.
Au niveau des spécialités à haut débit (ortho, ophtalmo), qui peuvent compter jusqu’à une quarantaine de rendez-vous en une demi-journée, une pratique répandue consiste à fixer plusieurs patients à la même heure. Alors, bizarrement, on retrouve 4 patients à 9h00, 4 patients à 9h15, 4 patients à 9h30, 6 à 10h00 et ainsi de suite pour une clinique qui peut s’étalonner jusqu’au dîner… et même après.
Pourquoi? La raison exacte, je ne l’ai jamais sue, mais je la suspecte fortement. Un médecin est rémunéré à l’acte. Celui-ci n’est pas payé lorsqu’un patient annule son RV. Si un médecin prévoit 15 minutes de son temps avec un patient et que ce dernier se désiste, le médecin passe 15 minutes à se tourner les pouces. Et dans toutes les cliniques, il y a toujours des patients qui annulent. En fixant plusieurs personnes à la même heure, on s’assure de créer une petite salle d’attente et qui dit salle d’attente dit médecin qui a toujours des patients à soigner. Donc, question de rentabilité, mais aussi question d’efficacité. Je crois qu’il y a place à l’amélioration à ce niveau, mais avec l’engorgement du système de santé, on ne peut pas se permettre qu’un médecin perde 25 % de son temps à cause d’annulations.
Dernier truc, mais le plus significatif. Un coup qu’un patient entre dans notre bureau, on ne peut prévoir le déroulement de l’entrevue. Lorsqu’un banquier fixe un rendez-vous pour discuter d’une hypothèque avec un client, il parle d’hypothèque. De mon côté, je peux faire un suivi pour un bobo de pied et le patient, avant de partir, me parle de sa nouvelle douleur à la poitrine fortement suspecte d’un infarctus. Je ne peux pas le laisser filer sans une évaluation approfondie. Vous vous tapez deux ou trois cas du genre et votre clinique se trouve décalée de plusieurs dizaines de minutes.
Je crois qu’il faut être positif et aborder le phénomène d’un autre point de vue. Même si le temps alloué au rendez-vous est écoulé, on ne va pas vous sacrer dehors si on croit que votre vie est en danger. C’est-ti pas beau ça, non ?








Samedi, 19 avril 2008 à 12:54
Merci de votre réponse. Elle me semble plausible, réaliste mais le plus important, véridique.
J’aime effectivement mieux qu’un médecin prenne plus de temps avec un patient que d’avoir un mort sur la conscience.