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Perles médicales

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À propos du blogue

Ce blogue a été créé dans le but de donner un regard critique sur le monde de la santé. La caractéristique particulière de ce blogue est que le point de vue provient de quelqu’un oeuvrant dans le système de santé, quelqu’un au cœur de l’action.

Durant plusieurs années, j’ai observé silencieusement les commentaires émis par les médias, la population et les organisme gouvernementaux. Cependant, les professionnels de la santé ont été discrets dans leur prise de position. J’espère pouvoir apporter mon point de vue qui, sans représenter nécessairement l’ensemble des acteurs du système de santé, se veut sincère et objectif autant qu’humainement possible.

Message pour les avocats... en aucun cas les opinions dans les articles ne représentent des avis médicaux. Les récits médicaux sont inspirés de situation réelle mais des détails ont été modifiés dans le but de conserver l'anonymat des patients.



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Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons
  • 21sept

    Je me souviens de mes jeunes années idéalistes. Nos jeunes années idéalistes. Le nos faisant référence à bon nombre de médecins que je connais.

    Avant de rentrer en médecine, on voulait changer le monde. On chialait contre les médecins qui n’écoutaient pas leurs patients. On voulait dénoncer tous les médecins incompétents. On allait se sacrifier pour aider les pauvres. On n’avait pas peur des lépreux.

    J’aurais sûrement été l’un des premiers à m’indigner devant cet article disant que les médecins interrompent leur patient 18 secondes après le début de l’entrevue.

    Puis est venu le choc de la réalité.

    Prenez l’épisode suivant.

    Je complétais ma résidence à l’époque, et mon médecin-professeur et moi se questionnions sur la nature des lésions dermatologiques d’une enfant d’âge scolaire. Nous avons pris soin de demander l’avis de 2 ou 3 autres médecins. Ces médecins ont retardé leur clinique pour venir examiner les problèmes de peau et donner leur avis. À 4 ou 5 médecins, on débattait de l’origine des lésions et de la conduite à tenir, mais décidément, c’était un bobo très mystérieux. Une consultation en dermato semblait la meilleure option.

    Mais la mère, cette mère, poussait de longs soupirs pour manifester son mécontentement de cette visite chez le médecin qui ne semblait pas vouloir finir. Ça prenait trop de temps à son goût! Elle lançait des commentaires avec de vague insinuations sur notre incapacité à trouver le problème, et que, malgré une lonnnnnnnngue attente chez le docteur, elle n’avait pas obtenu de diagnostic précis. Tout ça pour rien?

    Une autre patiente insatisfaite qui va chialer sur internet que les médecins sont incompétents.

    Là, j’ai décroché.

    Athlète fatigué

    Pas seulement à cause de cet épisode, mais aussi à cause de toutes les fois où je me suis buté aux attentes irréalistes des patients dépendants pour qui on n’en fait jamais assez, aux menaces de poursuite si je ne diagnostique pas cette maladie rare qui touche 3 personnes dans le monde, aux patients qui nous insultent parce que tout n’est pas à leur goût, aux exigences du système qui nous demande toujours de faire plus avec moins. Je me rends compte avec le temps que mes idéaux de jeunesse sont aussi rose bonbon que les films de Walt Disney.

    J’ai réajusté ma vision avec la réalité. Je veux être le meilleur médecin possible et aller aux bouts de mes capacités, mais je n’ai pas le pouvoir de changer le monde. Je peux vous proposer un bon médicament, mais je ne peux pas vous trouver un emploi pour payer ces médicaments. Je peux vous donner un rendez-vous à ma clinique, mais ce n’est pas à moi de payer le billet de taxi. Je peux vous donner mon opinion sur votre bobo, mais la science médicale est inexacte et il y a un risque que mon avis le soit tout autant. À l’urgence, je priorise mes patients selon la gravité de leur état de santé, mais cela implique que si vous consultez pour une douleur au poignet évoluant depuis un an, vous allez attendre en tab…..

    Avec le temps, j’ai appris que j’étais seulement un médecin. Pas un psychologue. Pas un travailleur social. Pas un réformateur de système de santé. Pas un gestionnaire. Pas un éducateur. Pas un politicien. Pas un dieu ou la réincarnation combinée de Jésus et Bouddha. Juste un médecin.

    Publié par Québomed à 10:50



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2 commentaires

WP_Cloudy
  • Marilo :

    Et être un médecin, je trouve que c’Est déjà très bon!
    du moins, pour ma part, je travaille avec d’excellents médecins chez qui les efforts sont grandement récompensés par leurs patients :)
    il ne faut pas s’en faire avec tous ces patients insatisfaits; il y en a une grosse part qui le sont :)

  • Québomed :

    Effectivement, le majorité des patients sont très respectueux et reconnaissants de nos efforts. Une chance.. parce que..

    Mais avec l’expérience qui rentre graduellement, je me suis rendu compte que plusieurs choses qui semblent évidentes ou scandaleuses pour quelqu’un qui n’a jamais visité une salle d’urgence sont en réalité la pointe de l’iceberg d’une problématique beaucoup plus complexe.

    Les patients insastisfaits ont parfois des attentes qui sont irréalistes ou complètement farfelues.

    Quand je vois les poursuites médicales dans les journées, j’ai souvent un petit pincement de coeur en sachant dans quelles conditions les médecins ont pris la décision qui leur est reprochée. Un jour, ça va être mon tour d’y passer.

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